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Bing & Ruth

: No Home of the Mind



sortie : 2017
label : 4AD
style : Modern Classical / ambient / Minimal

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Tracklist :
01/ Starwood Choker 02/ As Much As Possible 03/ Scrapes 04/ Chonchos 05/ The How Of It Sped 06/ Is Drop 07/ Form Takes 08/ To All It 09/ Flat Line / Peak Color 10/ What Ash It Flow Up

Il est toujours rassurant de s'appercevoir qu'en fouillant ne serait-ce qu'un peu, les œuvres pianistiques ne manquent jamais à l'appel. Rien que depuis ce début d'année nous pouvons déjà saluer une poignée d'albums précieux tels Ichiru de Daigo Hanada, Alone (night music for piano solo) de Stefano Guzzetti ou encore Yonder de Sophie Hutchings. Ces albums, pour leur mélancolie légère ou certainement pour cette importance qu'ils accordent au silence, font du piano l'instrument essentiel de nos errances intimes et on ne les remerciera jamais assez pour cela. On connait également l'autre facette du piano lorsque ce dernier est manipulé par de talentueux apprentis sorciers (Greg Haines et Nils Frahm par exemple) lui faisant prendre de la hauteur. Le piano et ce qui l'entoure bascule alors quelquefois vers un modern classical aux mouvements amples, mettant ainsi en valeur une virtuosité permettant de faire du piano le tissu d'une toile aux textures variées à la frontière de l'intime et de l'universel. Une frontière mince qu'il faut savoir doser avec parcimonie, une frontière qu'approche magistralement ce dernier album de Bing & Ruth.

Bing & Ruth c'est tout d'abord le projet à géométrie variable de David Moore, pianiste ayant étudié à la New School for Jazz and Contemporary Music de New York avant de sortir quelques œuvres belles à en tomber dont City Lake (2010), album ayant récemment été réédité dans une version augmentée. L'américain se sert de son instrument de prédilection pour présider un ensemble constitué de cordes, de cuivres, parfois même de chœurs, avec lequel il livre des compositions équilibristes dans lesquelles résonnent des influences contemporaines (Steve Reich, Arvo Pärt voire Claude Debussy) sans jamais tomber dans la redite ou le clin d'œil appuyé. Sur ce nouvel album, le funambule David Moore a décidé de mettre les bouchées doubles : 17 pianos ont servi à la confection de No Home of the Mind qui est d'ailleurs distribué sur le label culte 4AD. Gros ensemble, gros label, deux raisons de craindre qu'une certaine mégalomanie "mainstream" aurait gagné le compositeur et qu'un grossissement du trait aurait vulgarisé son univers minimaliste mais heureusement il n'en est rien. C'est au contraire dans une meilleure intériorisation de sa musique que se joue toute la grandeur émotionnelle de ce disque somptueux.

La virtuosité est toujours une valeur sûre lorsque celle-ci est mise au service d'un projet lui donnant un sens. La dexterité dont fait preuve David Moore sur des morceaux comme Starwood Choker ou From Takes est impressionnante mais ne sert finalement qu'à donner corps à des compositions planantes aux confins de l'ambient. Celles-ci sont traversées par les vibrations sensibles d'une orchestration à cordes attirée par le modern classical sans jamais totalement y succomber. Elles se répondent d'un bout à l'autre de l'album puis laissent place aux silences et avec eux le souvenir lointain des gymnopédies d'Erik Satie, mais dans une version rallentie et apaisée. Perles étincellantes de minutie et de beauté suspendue, As Much As Possible et To All It tutoient les anges par petites touches impressionnistes et nous préparent à d'autres bouleversements sensoriels. Is Drop et Flat Line / Peak Color, autre binôme de compositions se faisant écho, autres mouvements délaissant la retenue pour une amplification du son confinant à la pure déflagration. Car avec No Home of the Mind, le pianiste David Moore semble toujours chercher le principe de mouvement, de flux et reflux dans sa musique. Mieux encore, celui-ci tente de trouver dans son minimalisme l'ampleur voire la profondeur insoupçonnée, et d'en éclairer les abysses par ses notes célestes.



Chroniqué par Romain
le 01/05/2017

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