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King Gizzard & the Lizard Wizard

: Flying Microtonal Banana



sortie : 2017
label : heavenly Recordings
style : Pop / Rock / Psychédélique

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Tracklist :
1/ Rattlesnake 2/ Melting 3/ Open Water
4/ Sleep Drifter 5/ Billabong Valley 6/ Anoxia
7/ Doom City 8/ Nuclear Fusion
9/ Flying Microtonal Banana

Les australiens de King Gizzard and the Lizard Wizard, nouveaux rois de la pop et du rock psychédélique, sont de retour pour un dixième album studio de qualité, tant au niveau musical que par rapport aux thèmes abordés dans les chansons. Sous l’initiative du leader du groupe, Stu Mackenzie, le disque a été entièrement enregistré avec des instruments capables de jouer sur les micro-intervalles soit un intervalle plus petit qu’un demi-ton. Loin de révolutionner la musique avec cette technique, le groupe nous offre tout de même de longues ballades assez hallucinantes et envoûtantes, savamment rehaussées par des solos de zurna, un instrument à vent traditionnellement utilisé dans la musique populaire du Moyen-Orient, notamment dans le titre d’ouverture Rattlesnake.

Cependant, le son de l’album, à mon humble avis, n’est pas son point fort. C’est par les thèmes abordés dans les chansons -différents voyages que nous propose Stu Mackenzie- que cet album se démarque. Le septuor nous offre, par exemple, un voyage dans le temps, comme dans Billabong Valley relatant à l’aide d’un piano hystérique, d’une guitare et d’un zurna qui envoutent l’auditeur tel un charmeur de serpent, l’histoire de Mad Dog Morgan, célèbre bandit du 19ème siècle de l’outback australien n’ayant rien à envier à son collègue américain Jesse James. Autre escapade charmante de l’album, la chanson assez pop et très Beatlesque Sleep Drifter, avec laquelle le groupe nous transporte dans un état halluciné, entre l’éveil et le sommeil, seul endroit où il est possible de se sentir proche de l’être aimé alors que celui-ci est absent ou ne nous aime pas en retour.

Mais Flying Microtonal Banana n’est pas un album totalement édulcoré et naïf, il offre aussi quelques bad trips en abordant des thèmes malheureusement trop concrets, le tout enveloppé dans une ambiance inquiétante et délicieusement rétro. En effet, le septuor n’hésite pas à dresser un constat accablant de l’état de notre monde : Melting et Doom City sont des expérimentations assez parodique de rock métal prêtant sourire mais offrant par ailleurs une vision apocalyptique de la question du réchauffement climatique. De même, le titre Open Water narre le cauchemar que vivent trop de personnes, obligées de fuir leur pays par bateau mais qui finissent par se noyer en mer, car la montée du niveau de la mer a submergé les côtes (fléau « pire que l’état islamique » d’après les paroles de la chanson).

Flying Microtonal Banana est un album musicalement très accessible et à l’ambiance ambiguë et douce-amère : à la fois mélancolique, rêveuse et lucide. Il a le mérite d’aborder des thèmes politiques malheureusement trop souvent oubliés dans la musique pop d’aujourd’hui. Les fans de la première heure du groupe et les quelques lecteurs qui ont, je l’espère, été convaincus de la qualité de cet album peuvent se réjouir : les membres de ce prolifique groupe australien ont annoncé qu’ils comptaient sortir quatre autres albums en 2017. En espérant que les disques à venir resteront aussi engagés et agréables à écouter.



Chroniqué par Juliette
le 25/04/2017

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