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The Avalanches

: Wildflower



sortie : 2016
label : Astralwerks
style : Pop

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Tracklist :
01/ The Leaves Were Falling 02/ Because I'm Me 03/ Frankie Sinatra 04/ Subways 05/ Going Home 06/ If I Was A Folkstar 07/ Colours 08/ Zap! 09/ The Noisy Eater 10/ Wildflower 11/ Harmony 12/ Live A Lifetime Love 13/ Park Music 14/ Livin' Underwater (Is Somethin' Wild) 15/ The Wozard Of Iz 16/ Over The Turnstiles 17/ Sunshine 18/ Light Up 19/ Kaleidoscopic Lovers 20/ Stepkids. 21/ Saturday Night Inside Out

L'annonce a d'abord surpris tout le monde tant celle-ci paraissait improbable: auteurs en 2000 du génial Since I Left You, The Avalanches allaient livrer un successeur à ce qui restait pour le moment un one-shot mythique. Un premier single déroutant envoyé en éclaireur (Frankie Sinatra, assez faible) commençait ensuite à nous faire craindre le pire, soit un retour discographique lancé en grande pompe qui retomberait comme un soufflet dès la première écoute. On ne voulait pas que le groupe australien, aujourd'hui amputé de la moitié de ses membres et réduit à la formule trio, suive le même chemin que les Pixies et toutes ces reformations qui font pschitt. Revenir pour casser le mythe, non merci.

La première écoute est finalement rassurante et laisse à penser que la meilleure idée qu'a eu le groupe pour soigner son retour est celle de ne rien changer au programme qui était le sien il y a 16 ans. Comme son digne prédécesseur, Wildflower est un album-monde laissant cohabiter tous les genres et tous les âges (ou presque) dans une centrifugeuse à sampling lancée à toute berzingue pendant une heure. Le groupe porte ainsi toujours bien son nom en nous offrant une seconde avalanche de samples qui n'a d'ailleurs pas encore fait les frais de quelques procès pour violation de droits d'auteur comme ce fut le cas pour Since I Left You où près de 1000 samples avaient été nécessaires à sa création.

C'est un accent pop plus prononcé qui va dominer ce Wildflower au titre évocateur:"Fleur sauvage". Les fleurs hippies du flower power sont ici rendues sauvages via les collages savants de The Avalanches qui livre là un long dédale foutraque mais pas tant que ça, le groupe maîtrisant comme jamais les transitions et autres découpages mélodiques et rythmiques. L'album se termine aussi par un lumineux tiercé gagnant (Kaleidoscope Lovers, Stepkids, Saturday Night Inside Out) témoignant du fait que le trio ne se cache pas derrière un concept fumeux mais sait avoir une forme d'écriture, de songwriting, dans ses montages sonores. Cependant aucune chanson ne constitue l'album à proprement parlé et il serait bien périlleux d'isoler un morceau plutôt qu'un autre tant Wildflower s'écoute d'une traite sinon rien. C'est de cette manière qu'il imprime le mieux sur l'auditeur ses sonorités colorées (Colours ci-dessous, porté par la voix perchée de Jonathan Donahue de Mercury Rev), papillonnantes et forcément psychédéliques. Le psychédélisme donne souvent moins d'importance aux mélodies qu'aux différents effets qui les stimulent. Autant dire qu'avec ce nouvel album boule à neige rempli à ras bord et de mélodies et d'effets, les australiens donne à la pop psychédélique une de ses versions les plus hypertrophiées et saisissantes.

Derrière l'ambition folle du projet, un esprit enfantin anime en partie le disque et l'empêche de s'effondrer sous trop d'expérimentations pseudo conceptuelles laissant parfois l'auditeur au bord de la route quand ce n'est pas au bord de l'indigestion. Ce sont justement les enfants qui introduisent Wildflower, deux fois (Because I'm Me, Subways ci-dessous). The Avalanches sont en effet restés des gamins joueurs, énergiques, parfois ingérables qui nous font partager leurs jouets et n'ont pas peur de sauter pieds joints dans des flaques boueuses sans se soucier des éclaboussures. Quant à l'esprit adulte, il verra peut-être dans cet album hirsute un reflet de notre époque saturée d'informations et d'émotions, une époque dans laquelle le zapping (Zap!) est devenu le meilleur moyen de ne pas creuser et d'en rester à la périphérie des choses. Ainsi Wildflower reste un album qui demande à être creusé et de nombreuses écoutes seront nécessaires afin qu'il puisse délivrer toutes les richesses de ses herbes folles et laisser entrevoir le grand disque pop qu'il est assurément.



Chroniqué par Romain
le 23/07/2016

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