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Western Skies Motel

: Settlers



sortie : 2016
label : Lost Tribe Sound
style : folk / Minimalism

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Tracklist :
01/ Falling Leaves 02/ Two Worlds 03/ Migratory Birds 04/ Whelm 05/ Us 06/ As The Flames Rose 07/ Garden 08/ Transformation 09/ Whirl 10/ After A Storm

Chaque année nous laisse son petit lot de merveilles thérapeutiques aptes à balayer d'un coup les nuisances sonores d'une actualité musicale souvent pauvre, à nous rincer les oreilles des quelques hypes gonflées à l'hélium qui l'animent ne serait-ce qu'un peu. En 2015, l'album-berceuse de Steinbrüchel et la folk mélancolique de The Declining Winter avaient magnifiquement fait le travail. Le miracle provient aujourd'hui de Western Skies Motel qui vient livrer un dernier opus à la lisière des deux artistes sus-cités.

Du peu qu'on en sait, Western Skies Motel est le projet solo du guitariste danois René Gonzalez Schelbeck, et ce dernier est autant un adepte du finger-picking qu'un amateur d'ambiances tristes et minimalistes. On ne peut d'ailleurs s'empêcher de le ranger aux côtés des premiers albums piano de Sylvain Chauveau tels que Nocturne Impalpable (2001) et Un Autre Décembre (2003). Des albums "piano" dans les deux sens du terme, soit deux albums presque exclusivement composés autour de l'instrument mais aussi deux albums 'calmes' comme en donne la signification première du terme italien. Cependant, là où le piano sert peut-être plus facilement d'écrin au spleen des compositions de Chauveau, la guitare acoustique de Western Skies Motel vient lui offrir un son nouveau semblant venir de loin. Loin dans le temps d'abord comme l'ère coloniale du titre ainsi que ce portrait noir & blanc ornant la pochette, loin dans le temps ensuite comme le laisse entendre cette technique de jeu (le finger-picking donc) vieille comme la musique folk américaine. Mais Settlers est surtout loin au-dessus de la mêlée lorsqu'on réalise à quel niveau le danois sait se hisser en toute modestie, comment peut-il nous embarquer dans son univers avec si peu et créer une poignée d'images mentales qui restent.


René Gonzalez Schelbeck n'en est pas à son premier essai mais cette dernière oeuvre paraît s'élever de peu au-dessus des autres. Sûrement est-ce dû au mastering de Taylor Deupree, fondateur du label 12k passé maître dans l'épure sonore. Comme ses prédécesseurs, Settlers n'est pourtant composé que de boucles d'arpège en mineur mais celles-ci sont doucement amplifiées par quelques effets discrets qui maintiennent la fragilité du disque jusqu'à son terme en nous évitant toute forme de lassitude sur la longueur. La guitare y est ainsi plus flottante que redondante et n'en finit jamais d'exercer son pouvoir d'attraction. L'album, empreint d'une grande mélancolie et demandant toute notre attention, me fait penser au personnage de Vincent Gallo dans le très beau The Brown Bunny, homme meurtri et inconsolable traversant les grandes plaines désertiques américaines. En 10 compositions suspendues dans le temps, Settlers décrit cette mélancolie de la fuite en avant et de l'oubli impossible. Car la grande force de cet album est aussi celle de pouvoir traduire seulement du bout des doigts des émotions aussi complexes, et de nous rappeler in fine que même privée de mots, la musique sait tout dire.



Chroniqué par Romain
le 06/07/2016

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