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Tortoise

: The Catastrophist



sortie : 2016
label : Thrill Jockey
style : Post-rock

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Tracklist :
01/ The Catastrophist 02/ Ox Duke 03/ Rock On 04/ Gopher Island 05/ Shake Hands With Danger 06/ The Clearing Fills 07/ Gesceap 08/ Hot Coffee 09/ Yonder Blue 10/ Tesseract 11/ At Odds With Logic

6 ans après un disque de haute volée, Beacons of Ancestorship (2009), qui faisait se rencontrer la samba et le sirtaki, paroxysme des savantes hybridations qui sont pour ainsi dire la marque de fabrique de Tortoise sans pour autant verser dans une indigeste world music, Tortoise aurait pu chercher à épater la galerie ou à choquer le bourgeois en sortant un disque de Mariachi dans la plus pure tradition mexicaine, ou encore en risquant une embardée téméraire vers le Death Metal. Il n'en est rien : dès la première plage éponyme nous sommes, mélodiquement et sur le plan sonore, en territoire connu.

L'introduction du morceau qui fait résolument penser à un jingle d'émission télévisée des années 70 est comme un rappel du brio avec lequel Tortoise sait jouer des stéréotypes, les imitant pour bien vite les subvertir l'air de rien (l'album Standards étant de ce point de vue leur chef-d'oeuvre). Dans The Catastrophist, le groupe respecte sagement cette ligne de conduite : certains s'en satisferont, d'autres le regretteront. Tranchons en disant que pour un groupe dont le premier album fleurait déjà le post rock tranquille de bon père de famille, et qui a, d'album en album, maintenu une vitesse de croisière plutôt rassurante pour les fans, cela n'a rien d'une surprise.

Il fallait pourtant quelques morceaux de bravoure, aussi modestes soient-ils, pour marquer le coup après 6 ans d'absence discographique. On les trouve effectivement sous la forme d'une reprise, exercice auquel les compères de Chicago ne nous avaient pas du tout habitué. D'abord la chanson Rock On, dont la version originelle de David Essex se pare de colorations dub et reggae dans une chaleur tropicale et venimeuse, portée au rang de hit stadium par la star de soap opera Michael Damian en 1989, puis reprise à nouveau en 2006 par... Def Leppard, devient pour Tortoise un morceau allant chercher du côté du post punk sans que la notion de caricature ne soit de mise. Par cette petite facétie, le groupe nous livre peut-être une des clés de compréhension de son œuvre : et si la discographie entière de Tortoise n'était en fait qu'un ensemble de reprises cryptiques ? Hein ?

La deuxième petite cerise sur le gâteau, c'est la voix suave de Georgia Hubley (qui a coécrit le titre) sur Yonder Blue, plage 9. Un disque à l'audace très mesurée, donc, que les fans de la première heure pourront cependant prendre en sympathie, et qui peut toutefois faire office d'introduction tout à fait acceptable pour les novices.



Chroniqué par Yann
le 02/05/2016

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