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Animation

: Machine Language



sortie : 2015
label : RareNoiseRecords
style : Jazz électrique / Ambient / Spoken word / drum'n'bass

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Tracklist :
1. A child's Dream / 2. Machine Language / 3. Eternality / 4. Consistent Imperfection / 5. Soul Of A Machine / 6. Genesis Code / 7. Evolved Virtual Entity / 8. DisappearAnnihilation / 9. The Evolution Of Machine Culture / 10. Dark Matter / 11. TechnoMelancolia / 12. a Machine's Dream

Le compositeur, orchestrateur, arrangeur et saxophoniste américain Bob Belden (mort il y a quelques mois à l'âge de 58 ans), figure importante du jazz contemporain par ses travaux d'envergures, nous livre avec Machine Language la conclusion à son œuvre aussi prolifique qu'ambitieuse. Ce dernier album d'Animation, enregistré à l'automne 2014, concentre toute la créativité d'un esprit iconoclaste d'une rare intelligence. Partant de l'interrogation "la machine peut-elle avoir de l'imagination", Bob Belden développe 12 compositions alliant Jazz électrique, ambient, spoken word et quelques ramifications drum'n'bass. Accompagné du célèbre chanteur de jazz Kurt Elling, de Bill Laswell à la basse électrique, Bob Belden et son équipe tissent un album aux influences pluridisciplinaires. Machine Language s'inspire de sources qui peuvent être aussi bien musicales (La période électrique de Miles Davis, de In A Silent Way en 1969 à Bitches Brew en 1970), littéraires (Philip.K.Dick, Iain.M.Banks) ou cinématographiques (2001 : L'odyssée de l'espace de Kubrick, Solaris de Tarkovski).

Machine Language commence par le rêve d'un enfant (A Child's Dream) et s'achève par celui d'une machine (A Machine's Dream). Au fil de l'écoute, on découvre le triste sort réservé à l'humanité, transcendée par les intelligences artificielles qu'elle a conçue. Néanmoins, cette machine se trouvera en proie aux mêmes nécessités que l'homme, notamment celle de recréer le rêve d'origine de l'enfant.

Dès le début, Machine Language distille une ambiance vaporeuse et sombre. On entre dans un monde hypnotique, où le saxo délivre des échos lancinants sur des rythmes drum'n'bass et des notes d'ambient. Plusieurs nappes sonores nimbent d'une aura mystique la voix imperturbable de Kurt Elling. On erre dans dans une musique en trois dimensions, où la spacialisation revêt un aspect primordial. L'onirisme cybernétique imaginé par Belden s'implante doucement dans la tête. Il accélère peu à peu le tempo du disque, avec de longues plages sonores comme Genesis Code ou Dark Matter. Le saxo devient alors fou sous ce déluge rythmique typiquement drum'n'bass, exécuté par la batterie. DisappearAnnihilation magnétise l'esprit grâce aux rondeurs sous tension de la basse électrique, pendant que résonne en fond quelques notes rêveuses. On s'agite, on plane et on se perd dans ce disque qui ne s'essouffle jamais, alternant avec brio les ambiances pour une cohérence sans faille. The Evolution Of Machine Culture mérite d'apparaître dans la B.O d'un film tant sa beauté froide pourrait illustrer les images d'un univers futuriste perturbé, où les protagonistes s'interrogent sur leur création devenue si parfaite. Il ne faut pas oublier de mentionner TechnoMelancolia, un jazz électronique nébuleux confirmant cette exigence constante qui anime les expérimentations de Bob Belden.

En bref, Machine Language est un disque plein de reliefs, avec une grande diversité de personnalités qui offrent leur talent, afin d'illustrer la vision grandiose et effrayante de Bob Belden. On explore les paysages sonores insensés de ce jazz électrique futuriste, testament d'un compositeur intemporel, traversant des anfractuosités abyssales, jouant sur des signatures mélodiques fouillées et des atmosphères inquiétantes. Le tout est agencé avec une subtilité qui efface la frontière entre organique et synthétique. Machine Language est un grand disque de jazz électrique qui souffre cependant d'un certain hermétisme. Belden nous entraîne dans les turpitudes qui agitent son esprit sans se demander si l'esthétique qu'il imagine accrochera le public. Un artiste sans concession pour une musique frondeuse et libérée.



Chroniqué par Etienne Poiarez
le 07/09/2015

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