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Stephen O'Malley

: Gruidés



sortie : 2015
label : DDS
style : Drone / Modern Classical

achat/téléchargement

Tracklist :
01/ Gruidés (first)
02/ Gruidés (second)

Si Dieu était amené à sélectionner ses compositeurs attitrés lors du jugement dernier, il y aurait fort à parier que Stephen O'Malley serait de ceux-là. De Khanate à Sunn O))), l'américain que l'on surnome aussi SOMA suit une route qui ne se traverse que de nuit la peur au ventre et dont les rares bifurcations ne mènent qu'à d'obscures villages peu accueillants comme le drone ou le doom metal. Les musiques de fin du monde, Stephen O'Malley aime ça, il en a même fait sa spécialité, et sa récente collaboration avec Scott Walker ne fit que le confirmer. Sorti sur le label de Demdike Stare, Gruidés est une longue pièce instrumentale qui n'échappe en rien à la règle.

Le guitariste a ici laissé tomber son instrument de prédilection pour se concentrer sur la direction d'un orchestre de 35 musiciens français, l'ONCEIM (ou Orchestre de Nouvelles Créations, Expérimentations et Improvisations Musicales), lors d'une représentation unique à l'Eglise Saint-Merry de Paris en 2014. Que se soit la guitare au poignet ou derrière un pupitre de chef d'orchestre la baguette au doigt, SOMA est toujours ce roi de la matière sombre. Cette dernière est déclinée dans sa forme, électrique avant et symphonique ici, mais reste dans le fond extraite de la même source. D'une durée de 34 minutes, Gruidés s'articule (se désarticule pourrait-on aussi écrire) autour de longs blocs anxiogènes louchant vers les stridences du compositeur Penderecki et la musique électro-acoustique d'Eliane Radigue ou de Phill Niblock, des blocs ponctués par des percussions semblant provenir du Gagaku japonais. L'américain compose ici une pièce qui gagne en tension quand bien même celle-ci ne serait soutenue par rien si ce n'est le vide effrayant du chaos. Une pièce menaçant sans cesse soit de s'effondrer sur elle-même tel un futur trou noir soit d'exploser en supernova.

Gruidés est une réussite telle qu'on se dit que Stephen O'Malley a du trouver en ce nouveau rôle de directeur d'orchestre un moyen plus ample d'assouvir ses fantasmes de noirceurs. Et qu'il souhaiterait bien retenter l'expérience.



Chroniqué par Romain
le 03/09/2015

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