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Steinbrüchel

: Parallel Landscapes



sortie : 2015
label : 12k
style : ambient / Minimalisme

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Tracklist :
01/
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Il y a une scène miraculeuse parmi tant d'autres dans Cemetery of Splendour, le dernier (grand) film d'Apichatpong Weerasethakul sorti ce mois-ci en salles. Dans cette scène, on y voit des soldats alités dans une salle et atteints d'une étrange maladie du sommeil se faire soigner grâce à une séance de luminothérapie. Des tubes fluorescents baignent progressivement le lieu puis les alentours de couleurs changeantes faisant basculer la scène dans une sorte d'onirisme hypnotique à la beauté plastique sidérante. C'est peut-être cette même belle idée d'un art insaisissable possédant des vertues médicinales que partagent le cinéma sublimement apaisant du cinéaste thaïlandais et la douce musicothérapie que font ressentir les compositions ambiantes de Steinbrüchel sur ce Parallel Landscapes.


Si Ralph Steinbrüchel n'a été mentionné qu'une seule fois dans nos pages, il faut quand-même rappeler que cela fait maintenant plus de dix ans que le suisse poursuit une voie n'ayant pas trop de délimitations ni de règlementations, traversant certains paysages sonores et les frontières excessivement minces que les séparent. Avec une palette allant de l'ambient minimaliste au glitch en passant par d'autres formes d'expérimentations plus retorses, Steinbrüchel serait à ranger dans la famille des grands sculpteurs sonores que sont Oren Ambarchi, Stephan Matthieu, Alva Noto, Markus Popp, Lawrence English ou encore Marsen Jules. Un status qu'il aura largement mérité en livrant une poignée d'oeuvres passionnantes comme les albums Circa (2003), Opaque (2005), Basis (2007) et Narrow (2011).


Parallel Landscapes prolonge admirablement le travail minimaliste de Steinbrüchel, mais il en livre également une variation plus cotonneuse qu'auparavant, une version finalement chère à l'excellent label ambient 12k le recueuillant pour ce nouvel opus. Par un jeu subtil et immersif sur la matière sonore, ces paysages parallèles proposent un rêve éveillé qui va longuement bercer nos synapses auditives et travailler des points sensibles de notre système nerveux comme le ferait une séance d'acupuncture. Steinbrüchel donne parfois ici une vision sonore et contemplative des reflets scintillants que produit la lune ou un soleil couchant sur l'océan, il s'agit d'une beauté évidente se passant de mots mais restant infiniment complexe. Voilà où se situe aujourd'hui la musique du compositeur suisse avec ce dernier chef d'oeuvre, c'est-à-dire à un endroit indéfinissable quelque part entre l'évidente beauté et la complexité infinitésimale. En 8 strates précieusement enveloppantes se faisant parfois écho entre elles, Parallel Landscapes offre le lieu idéal où s'endormir pour mieux se réveiller au paradis.



Chroniqué par Romain
le 10/09/2015

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