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Vanessa Amara

: Bof Of Us / King Machine



sortie : 2015
label : Posh Isolation
style : Modern Classical / Post-punk

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Tracklist :
01/ Both Of Us, Part I 02/ Both Of Us, Part II 03/ King Machine

Depuis son apparition en 2009, le label Posh Isolation s'évertue à capter ce qui gravite de plus obscur autour de la scène musicale de Copenhague. Le bestiaire post-punk de la ville, déjà florissant depuis plusieurs années, y a trouvé son arche de Noé. Le label s'apprête d'ailleurs à distribuer le premier album de Marching Church, le nouveau forfait d'un de leur poulain évadé de Iceage.
Cependant, Loke Rahbek et Christian Stadsgaard, les deux cerveaux de Posh Isolation, ne font pas que sucer le sang des émules de Bauhaus. Les deux hommes, qui forment également le duo de musique industrielle Damien Dubrovnik, produisent dans la tradition d'un label comme Hospital Prodution un nombre conséquent de vinyles et de cassettes de musiques parfaitement impures, aux sonorités indus, technoïdes ou bruitistes.

De l'énigmatique Vanessa Amara, on peut dire qu'il s'alimente aux limons de tous ces fleuves souterrains – indus, noise, post-punk - pour mettre bas une musique classique moderne aux contours hybrides. Ce duo, formé de Birk Gjerlufsen Nielsen, proche de Iceage, et Victor Kjellerup Juhl, fait sa première apparition sur le catalogue de Posh Isolation en 2013, à l'occasion de la parution sur cassette de Both Of Us, leur œuvre matricielle. C'est donc la première fois que Posh Isolation la publie en vinyle, accompagnée d'une seconde pièce inédite, intitulée King Machine.

Sur chacune de ces deux compositions de près de vingt minutes, le duo danois tisse une dialectique singulière : d'un côté l'âcreté des sons, de l'autre des cimes émotionnelles en ombre portée. Sur Both Of Us, des orgues rendent des fantômes émaciés, une contrebasse et un piano sentencieux fixent un climat oppressant tandis que des percussions battent une syncope grosse de parasites. Et pourtant, on a toujours la sensation d'un long glissement. Comme si les flottements romantiques de Both Of Us nous faisaient faire retour aux lieux de sa conception : une maison en bord de mer, au nord du Sjælland et une église que les deux hommes, en plein hiver, rejoignaient à vélo avec leur matériel d'enregistrement sur le dos.

Chez Vanessa Amara, tout s'enroule, se répète, s'amplifie dans une profonde verticalité, comme une spirale autours de son axe. Ce motif circulaire, propre à nous faire perdre pied, est encore accentué, comme ramassé sur lui-même, sur le dyptique King Machine. Contrairement à Both of Us, qui procédait de l'infini emboîtement de plusieurs thèmes, King Machine est faite d'une seule et même boucle. Composée d'une basse grondante et des échos d'un orgue, celle-ci imprime une certaine inquiétude mais s'emballe à mesure que des nappes de guitare et de synthétiseur et des nuées de parasites l'emportent dans un tourbillon de plus en plus tumultueux.



Chroniqué par Mickael B.
le 09/03/2015

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