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Björk

: Vulnicura



sortie : 2015
label : One Little Indian
style : Pop / Electronica

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Tracklist :
01/ Stonemilker 02/ Lionsong 03/ History Of Touches 04/ Black Lake 05/ Family 06/ Notget 07/ Atom Dance 08/ Mouth Mantra 09/ Quicksand

Avec Vulnicura, Björk signe son retour, quoiqu’un peu prématuré, à la musique depuis Biophilia sorti en 2011. Après avoir fuité sur internet mi-janvier, son nouvel album est publié légalement le 21 du mois sur ITunes. Auparavant, sa sortie était prévue pour mars. L’occasion pour nous d’y jeter un coup d’œil.

La volcanique islandaise a fait de ce nouveau projet musical un moyen de catharsis après sa rupture avec l’artiste contemporain Matthew Berney, avec lequel elle entretenait une relation de très longue date. C'est aussi de son propre aveu l'oeuvre d'une authentique singer-songwriter dans la pure tradition du breakup album. Là réside la véritable surprise : on se demande ce que Björk peut nous proposer dans ce registre usé jusqu'à la corde. Le simple titre du disque est en tout cas significatif ; du latin "vulnus", "blessure" et "cura", "soin", Vulnicura se présente comme une plongée thérapeutique dans l’échec de cette relation amoureuse, revisitée de ses prémices jusqu'à son implosion.

Musicalement, Vulnicura délaisse complètement l’habillage conceptuel et pompeux de Biophilia et évoque même certains de ses classiques tels Homogenic (1997) mais surtout Vespertine (2001). Björk laisse ainsi présager d’une accessibilité retrouvée dans sa musique. On renoue en effet avec ces alliances d'arrangements électroniques et d’orchestrations pour cordes qui faisaient toute la grâce de ses premiers albums, notamment à travers l'omniprésence de nappes de violons hallucinées, héritage de Vespertine.
Björk s'est également très bien entourée, comme à son habitude. Outre la présence de The Haxan Cloak derrière certains arrangements de cordes, l'homme clé derrière la production de Vulnicura n'est autre que le talentueux Vénézuélien Alejandro Ghersi a.k.a. Arca, qui s'est distingué récemment pour son travail sur Yeezus de Kanye West ou LP1 de FKA Twigs. Sa présence, souvent discrète, est particulièrement sensible sur Family, un morceau le long duquel des claviers lents et brisés, ainsi qu'une une orchestration terrifiante, s’amplifient peu à peu pour dessiner enfin une mélodie éclatante.

L'écriture est donc soignée à tous les niveaux et allie l'immédiateté de la mélodie à la complexité des arrangements. Cela se sent dès les premières secondes de Stonemilker et Lionsong. Les incantations quasi-éthérées de la chanteuse s'équilibrent ainsi avec les orchestrations de cordes sobres et romantiques. Ecrins parfaits pour son chant si singulier. Des rythmes électroniques entêtés perturbent toutefois la mélancolie de certaines de ses compositions pour installer l'auditeur dans une atmosphère à plusieurs teintes, des climats délicieusement troublés.

S'il ne fallait retenir de cet album qu'un seul morceau, il s'agirait sans doute d'History Of Touches. Peut-être le plus emblématique de cet album de rupture où Björk livre ses souvenirs de la dernière nuit passée avec son ex-mari, à travers le prisme des sensations. Elle caresse son compagnon endormi, sent et ressent ce qui flotte dans cette nuit. Les paroles sont simples, légèrement désabusées, et sensuelles. Si l’on est habitué chez Björk à se laisser entraîner par des sonorités mystiques plutôt envoutantes, ce morceau vient rompre la tradition. History of Touches, pure breakup song se démarque dans la production de la chanteuse en proposant un chant baigné de délicatesse, qui susurre avec lenteur des mots d'une profonde simplicité et en accord parfait avec la mélodie, d'une grande clarté.

Nulle part Björk ne révolutionne son univers musical. C’est un fait. Vulnicura n’est pas non plus à la hauteur de Vespertine ou Homogenic, qui semblent l'avoir directement inspirés. Reste un album sincère, plus naturel que ses précédentes productions, et symbolisant le retour gagnant d’une artiste qui s’était égarée. Aucun morceau ne transcende l’univers de la chanteuse, si difficilement comparable. Elle parvient pourtant à proposer une vision singulière d'un sujet banal et d'un cliché musical. On en attendait pas moins de la part de cette artiste devenue incontournable!



Chroniqué par Etienne Poiarez
le 14/02/2015

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