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Disappears

: Irreal



sortie : 2014
label : Kranky
style : Post-punk / indus / Cubiste

Tracklist :
01/ Interpretation 02/ I_O 03/ Another Thought 04/ Irreal 05/ OUD 06/ Halcyon Days 07/ Mist Rites 08/ Navigating The Void

Les Chicagoans de Disappears inaugurent l'année 2015 avec Irreal, un cinquième album entre relents cold-wave et saillies industrielles.

Tout comme Era, son immédiat prédécesseur sorti en 2013, Irreal a été coulé dans un moule aux contours saillants, voir anguleux. Mais l'arrivée derrière les manettes de John Congleton du prestigieux Electrical Audio Studio de Chicago (à qui l'on doit des collaborations avec Explosions in the Sky, Bill Callahan ou encore les Swans sur To Be Kind), l'en font se distinguer nettement. Irreal en l'occurrence se singularise par son aspect franchement cubiste. L'usage systématique de loops permettant notamment au groupe de façonner des figures rythmiques ou électriques inédites et d'achever la révolution sonore entamée sur Era.

Ces boucles, comme la lourde bielle d'une locomotive, mettent en branle sur chaque composition une complexe machinerie musculaire. La tension ainsi innervée est palpable en particulier sur les titres les plus expérimentaux, à l'instar de l'ultra-répétitive Interpretation ou de la plus abstraite Another Thought. Par l'action analogue d'une scansion robotique, le chanteur Brian Case suggère également un climat de torpeur dystopique parfois hallucinant, rehaussé ailleurs par d'autres moyens tout aussi ingénieux: on pense au rouleau compresseur rythmique et à la sirène déréglée du titre éponyme ou encore au minimalisme rugueux d'Halycon Days.

Outre ces quatre titres programmatiques (dans tous les sens du terme), le groupe ne cesse de poursuivre le fantasme d'une musique post-punk, oscillant entre cold-wave et musiques industrielles. En particulier les conclusifs Mist Rites et Navigating the Void, s'ils creusent le même sillon brutaliste et clinique que ceux qui les ont précédés, s'engouffrent dans un maelström électrique proprement primitif. Il en émerge des formes plus troubles et donc plus ouvertes à l'image de l'écran de confusion électrique qui conclue la méphitique Mist Rites.

Au-delà de ces quelques révolutions sonores, on notera d'autres différences par rapport aux anciens opus. Irreal est notamment plus homogène dans sa forme et plus cohérent dans le fond. La production, à ce point de sophistication, semble aussi signer l'abandon définitif des schémas plus immédiats entrevus sur leurs premiers albums et notamment le manifeste Pre-Language Replica. Plusieurs points de démarcations nets qui pourront d'ailleurs en rebuter certains, plus habitués aux sonorités des débuts du groupe. Pour les autres, tenez le pour dit: avec Irreal, Disappears signe l'une des sorties les plus sensationnelles de ce début d'année !



Chroniqué par Thomas
le 02/02/2015

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