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Blonde Redhead

: Barragán



sortie : 2014
label : Kobalt
style : Pop minimaliste

Tracklist :
01/ Barragán 02/ Lady M 03/ Dripping 04/ Cat on Tin Roof 05/ The One I Love 06/ No More Honey 07 Mind to Be Had 08/ Defeatist Anthem (Harry and I) 09/ Penultimo 10/ Seven Two

Après plus d’une décennie d’errance, on pensait Blonde Redhead perdu. Perdu dans leur tentative de s’affranchir de l’ombre trop pesante de Sonic Youth. Perdu pour Touch and Go, label qui avait pourtant permis au trio composé par Kazu Makino et les jumeaux Amadeo et Simone Pace de produire une série d’albums sans fautes, avec pour point d’orgue le très personnel Melody Of A Certain Damage Lemons.

Après un passage sur 4AD et trois albums ratés, il était impossible d’envisager un futur pour Blonde Redhead. Sinon d’écumer les salles et rejouer, à l’instar des gloires indie des 90's, leurs albums références lors de concerts à guichet fermé. Mais surtout rien de notable en ce qui concerne la production discographique. La preuve, l’annonce de la publication de ce Barragán procura autant d'effet que l’annonce d'un remaniement ministériel à l’ére d’une présidence normale. L’écoute d’un premier extrait n’arriva jamais à son terme, l’auditeur ayant été frappé d’ennui dès la première minute. Bref pas de quoi sonner la charge de la cavalerie au sein de la rédaction de dMute.

À tord. Comme toujours ce qui fait marcher une relation, c’est toujours la possibilité d'être surpris. Et c’est le cas à l’écoute de cet album contemplatif. Loin de vouloir faire parler la poudre, Blonde Redhead ne se lance plus dans une pop inspirée par la new wave (pathétique) de ses précédents opus et ne cherche pas à réhabiliter l’énergie sonique qui fit sa gloire depuis La Mia Vita Violenta. Non au contraire. Car ce qui sauve le trio basé à NYC, c’est cette capacité à changer de registre, à se mettre en danger pour le pire (on l’a vu par le passé), mais aussi désormais pour le meilleur.

Ainsi Barragán marque une étape notable dans la discographie du groupe en parvenant à créer une ambiance mystérieuse et captivante qui s’installe au fur et à mesure des écoutes. Une hypnose qui fonctionne par petites touches à l’aide de claviers qui ponctuent des titres épurés par leur orchestration. Ici place à la retenue. On ne garde que l’essentiel, et on utilise des effets sonores en contrepoint à un chant presque monolithique. Ici pas d’éclats vocaux, pas d’envolées lyriques. Juste une voix qui chuchoterait presqu’à l’oreille une prophétie autorealisatrice vous annonçant la fin de l’errance pour ce groupe qui a enfin (re)trouvé sa voie. À l’image de l’odyssée d’Ulysse, Blonde Redhead en aura mis du temps pour retourner au bercail, mais sans pour autant le retrouver tel qu’il l’avait laissé. Avec ce nouvel album le trio est passé maître dans cet art de créer du rêve. De créer une ode à l’étrange et à l'ennui, le bon cette fois, celui propice à la créativité et pas des moindres puisqu’il s’agit de celui qui vous marque pendant presque une éternité.



Chroniqué par Guillaume C.
le 30/09/2014

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