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Ben Frost

: a u r o r a



sortie : 2014
label : Mute
style : Drone

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Tracklist :
01/ Flex 02/ Nolan 03/ The Teeth Behind The Kisses 04/ Secant 05/ Diphenyl Oxalate 06/ Venter 07/ No Sorrowing 08/ Sola Fide 09/ A Single Point Of Blinding Light

Ben Frost n'a rien d'un musicien conciliant. Depuis ses débuts, il affirme haut et fort son amour de la radicalité (We Love You Michael Gira, sur Theory of Machines), et la pratique sans vergogne à grand renfort de distorsions contenues.

Son arrivée, il y a huit ans, sur le label islandais Bedroom Community - centre névralgique de la musique néo-classique, avait donc de quoi surprendre. Pourtant, c'est bien le mélange inattendu de fureur primitive et de douceur élégiaque qui fit de By The Throat le chef d'oeuvre intemporel que l'on connait.

Voilà donc Ben Frost de retour, cette fois chez Mute (qui viens de publier le dernier Swans, la boucle est bouclée), et l'heure n'est plus à la demi-mesure. Entouré de la crème du radicalisme sonore (Tim Hecker, Thor Harris, Greg Fox, Shahzad Ismaily), il abandonne les cordes et le piano pour déchaîner toute la tension électronique qu'on lui sait chère.

Dans la droite lignée de sa collaboration avec Daniel Bjarnasson, Solaris, il plonge dans les nuages de bruit blanc pour en tirer une masse primitive, agressive, qu'il façonne ensuite au grès de ses humeurs, pour le meilleur comme pour le pire.

AURORA est un album lunaire, stérile et brut, hostile en tout point, passant du chaud au froid en une fraction de secondes. A aucun instant une texture douce ne vient-elle conforter l'oreille de l'auditeur, et c'est là sa réussite autant que son défaut majeur.

AURORA est radical, presque hermétique, et l'omniprésence de rythmes et de mélodies dance-floorisants n'adoucit en rien son expérience. Ben Frost nous entraîne, piste après piste, sur un territoire certes impressionnant, mais qui manque de diversité, de points d'entrée.

Les passages épiques ne manquent pas (Nolan, Secant, Venter) mais, à défaut de contrepoints forts (les interludes ne sont rarement plus que des plages de drone sombres et minimalistes), ils perdent de leur puissance tellurique face à un sentiment de trop.

Une démonstration de force, donc, la confirmation, aussi, d'une vision radicale, résolument passionnante mais qui, faute de nuance, semble parfois tourner en rond.



Chroniqué par Matthias Fuchs
le 27/05/2014

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(2009)
Bedroom Community
Drone / Modern Classical



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