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St Vincent

: St Vincent



sortie : 2014
label : Loma vista
style : Pop

Tracklist :
01/ Rattlesnake 02/ Birth In Reverse 03/ Prince Johnny 04/ Huey Newton 05/ Digital Witness 06/ I Prefer Your Love 07/ Regret 08/ Bring Me Your Loves 09/ Psychopath 10/ Every Tear Disappears 11/ Severed Crossed Fingers

Annie Clarke cultive depuis 7 ans maintenant une douce folie rafraîchissante dans le monde formatée de la pop. Ne cédant jamais à la facilité, la new-yorkaise fait preuve d’une créativité saisissante d’album en album. Son 5e éponyme emprunte autant au rock, à l’électro qu’à la pop.

Prolifique et maîtrisant presque tout de la réalisation de ses disques (elle est auteure, compositrice, interprète), St Vincent débute en tant que guitariste au sein du groupe Polyphonic Spree et accompagne les tournées de Sufjan Stevens.

Si le chant et la voix de l’américaine sont ceux d’une chanteuse pop-rock traditionnelle (avec toute de même une folie sous-jacente dans les aigus, comme chez son idole Kate Bush), c’est tout le reste de musique qui attire l'attention.

Bizarre, étrange, décalée ou inattendue, la musique de St Vincent est une imbrication de douces expérimentations. Exigeante, elle invoque à la fois sauvagerie rock, pop grandiloquente à la Blondie, rock seventies à la Bowie, expérimentations façon Liars et métissage musical à la manière de Tuneyards. La mayonnaise pourrait ne pas prendre, sauf que la chanteuse enveloppe ses idées saugrenues et ses influences très variées dans un groove imparable.

Les claviers et le refrain sautillant de Rattlesnake, la boîte à rythme d’intro de Huey Newton, les cuivres de Digital Witness, ou le chant improbable — croisement entre The Knife et mélodie tribale — de Bring me your loves sont autant d’éléments qui donnent à l’album son énergie si particulière et son côté charnel. Bowie en particulier est certainement une des grandes influences d’Annie Clarke, et comme lui à sa grande époque, elle compose une musique s’adressant autant au corps qu’aux méninges.

Il y a aussi chez St Vincent cette guitare électrique, véritable prolongement musical de son écriture, qui représente aussi un peu sa signature. Riffs noisy, boucles tribales, l’instrument hybride aux multiples effets tient autant du post-punk que de la musique africaine. Il fallait d’ailleurs la voir sur la scène Pleyel, à l’époque d’une tournée pour son album Strange Mercy, s’acharner sur son instrument et marteler le plancher de la scène de ses talons hauts.

Imprévisible, St Vincent, et sa nouvelle coupe façon Fiancée de Frankenstein, continue de brouiller les pistes avec une musique expérimentale, mais pourtant accessible. I prefer your love est une ballade pop comme aurait pu en écrire Sinead O’Connor et les couplets de Prince Johnny, très pop et r&b, auraient pu être chantés par Lana Del Rey. Rendre accessible l’inaccessible et complexes les mélodies les plus simples, voilà le talent de compositrice de St Vincent.

Pop rock personnelle aux multiples facettes, la musique de St Vincent est le reflet de la vie : où rien n’est jamais ni tout noir ni tout blanc, mais plein de couleurs désassorties formant un tout passionnant.



Chroniqué par Noémie
le 12/03/2014

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