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Tara Jane O'Neil

: Where Shine New Lights



sortie : 2014
label : Kranky
style : Folk / Ambiant

Tracklist :
01/ Welcome 02/ Wordless in Woods 03/ This Morning Glory 05/ Over. Round, In a Room. Found. 05/ Glow Now 06/ The Lull the Going 07/ Elemental Finding 08/ All Now Vibe 09/ The Signal, Wind 10/ The Signal, Lift 11/ Bellow Below as Above 12/ New Lights for a Sky

Nous entretenons des croyances étranges, c’est vrai. Que la musique, par exemple, devrait s’entendre coupée de l’environnement, à la manière d’une pièce détachée, si l’on veut, mais en tout cas, à la manière d’une chose séparée du reste de l’espace, du reste du temps. Comme si nous ne croyions pas assez aux pouvoirs de la musique — ou, au contraire, c’est tout aussi possible, comme si nous y croyions trop — pour la laisser toute seule, flotter dans l’air, parfois nous envelopper, parfois simplement s’échapper, et couler comme le temps dans l’espace.

Nous croyons trop à la musique, et pas assez à l’atmosphère. Pourtant nous ne pouvons pas plus toucher l’une que l’autre. C’est sans doute une des raisons pour lesquelles il ne nous apparaît pas comme un fait que les deux sont en grande partie semblables.

Nous entretenons des croyances étranges, c’est ce que j’ai dit, en effet. Mais c’est une généralité injuste. Ce n’est pas le cas de tout le monde. Certainement pas celui de Tara Jane O’Neil. Dans le plus simple et le plus parfait appareil, Where Shine New Lights se résume pour l’essentiel à une guitare, quelques percussions, quelques sons synthétiques, et une voix. Surtout une voix qui flotte dans l’espace, semble venir de loin, et rester en suspens dans l’atmosphère. Plus qu’un choix de production — cette voix très en retrait (comme si elle était plongée dans une profonde étendue de réverbération pour n’être plus qu’une vapeur), mais pourtant toujours très claire, et toujours très audible —, c’est un choix esthétique de ne pas mettre l’accent sur les choses, peut-être parce que précisément, ce ne sont pas des choses, mais de les laisser exister comme elles sont ; une distance importante, une distance nécessaire. Et ce qui attire l’attention malgré cette distance manifeste des sons, c’est pourtant leur présence bien réelle.

Et ainsi, ces si beaux moments — oui, tout simplement, des moments qui font l’unité du disque — comme ce Glow Now où s’égrainent quelques notes sur une toile de fond à peine esquissée, une voix légère qui donc ne se détache pas, mais s’attache à l’ensemble, le laisse changer de forme dans la durée. Partout, cette même exigence, qui s’entend notamment sur Elemental Finding, qui aurait pu facilement être un tube, mais déjoue ce piège commun pour défendre jusqu’au bout son esthétique. Jusqu’à une radicalité bien sentie, Bellow Below as Above, une longue nappe de son synthétique qui se raréfie, se purifie pour n’être plus qu’un seul accord.

C’est peut-être ici qu’en effet, de nouvelles lumières brillent.



Chroniqué par Jérôme Orsoni
le 03/02/2014

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