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Pinkcourtesyphone

: A Ravishment Of Mirror



sortie : 2014
label : Dragon's Eye Recordings
style : Musique électro-acoustique / ambient

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Tracklist :
01/ Why Pretend / The Desire of Absence / Faulty Connections 02/ Pixels... Sometimes... Broke Your Heart (for A.) 03/ Falling Star (for P. Entwistle) Play 04/ 62,000 Valentines (for T. Hunter)

I am afraid,
I am a coward.
I am sorry for everything.
If I had done this a long time ago,
it would have saved a lot of pain.

Cette note de suicide est celle de Peg Entwistle, jeune actrice américaine retrouvée morte sous le panneau Hollywood en 1932. À cette jeune femme, Richard Chartier dédie un des titres de son dernier album, publié sous l'entité pinkcourtesyphone : Falling Star. Le morceau, tout en échos indéchiffrables et fragments pianistiques, synthétise à lui seul la prouesse du musicien : entre beauté élégiaque et abysses délétères, l'album tout entier sonde l'âme humaine et son goût pour l'équivoque.

Avec le dernier morceau dédié à l'acteur gay méconnu Tab Hunter, A Ravishment of Mirror semble confirmer son inspiration, la naissance de la gloire pelliculée en toile de fond. Pourtant, l'interprétation n'est pas si simple : Why Pretend / The Desire of Absence / Faulty Connections, le magistral morceau d'ouverture, ainsi que Pixels... Sometimes... Broke your heart, qui lui succède, lorgnent davantage vers une technologie contemporaine.

Point donc ici d'analyse historique, mais une topographie brumeuse du Narcisse moderne, né avec le XXè siècle, à la fois acteur et spectateur de sa propre déchéance. Séduisant, guindé, il sourit sans cesse en espérant tromper la mort, mais n'est jamais qu'un portrait flou, souvenir évanescent.

À grand thème, grand ouvrage : Chartier livre ici son disque le plus abouti, ode élégiaque et anxiogène aux milles subtilités, claustrophobique et vertigineuse, à ce mirage auquel l'homme aspire depuis qu'une caméra a posé son objectif sur lui. Le regard de l'autre et la solitude de son absence tapissent l'album de sentiments contradictoires, rendant l'écoute pour le moins déstabilisante.

A Ravishment of Mirror ouvre sur quelques poussiéreuses notes de musique orchestrale — qu'on croirait tirées d'un disque de Leyland Kirby, avant de les noyer dans une obscurité sans fin. Là où Kirby questionne le temps et son impact sur la beauté, Chartier approfondit : une fois la beauté disparue, que reste-t-il?

Richard Chartier inaugure simultanément à cette chronique notre série "c'est quoi la musique". Ici.



Chroniqué par Matthias Fuchs
le 29/01/2014

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