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Emily Jane White

: Blood/Lines



sortie : 2013
label : Important Records
style : Doom Folk / Rock

Tracklist :
1/ My Beloved 2/ Faster Than The Devil 3/ Keeley 4/ Thoroughbred 5/ Wake 6/ Dandelion Daze 7/ Holiday Song 8/ The Roses 9/ The Wolves

Certaines voix féminines semblent avoir reçu le don de communier avec le sacré. Elles ouvrent un espace d'une intensité telle que tous ceux qui osent entrer dans le territoire qu'elles délimitent sont figés, transpercés par la tension déployée par ce chant. A l'instar de Zola Jesus ou plus près d'elle de Chelsea Wolfe, Emily Jane White développe une folk aux accents religieux, renouvelant l'esprit de la musique gothique avec une instrumentation plus épurée. Voici cinq ans que cette américaine a initié son style, cinq ans et maintenant quatre albums. Un rythme effréné, malgré une coupure de deux ans pour préparer Blood/Lines, sorti en 2013, coupure qui lui a permis d'opérer un véritable tournant.

Neuf titres, neuf prières. Clos sur eux-mêmes et pourtant formant une unité telle qu'il devient difficile de les isoler. Tout en variant à chaque titre l'instrument qui aura pour charge de l'accompagner, guitare, piano ou violon, il s'agit à chaque fois de faire surgir ces mélodies à partir du silence. Comme pour nous suggérer que la douceur perturbée par une continuelle tension et qu'on retrouve depuis le premier titre My Beloved jusqu'à The Roses n'était pas le dernier mot de ce parcours musical, Emily Jane White place en plein milieu de l'album le titre le plus long, Wake, et qui est en même temps un peu en décalage par rapport aux autres titres. Un morceau plus rythmé, où le piano et son rapide thème musical répété à l'infini suggère un bien-être insouciant, bien que le violon et la voix viennent déjouer cette joie. Plus plaintifs et méditatifs, ils montrent que la dimension religieuse de l'album n'était pas confinée à l'angoisse mais devient ici une urgence, l'espoir de trouver un absolu.

Peut-être que cet absolu est approché dans le final The Wolves, avec une guitare plus ample qui n'est pas sans rappeler Chelsea Wolfe. La voix est ici libérée et ne cesse de s'élever. La souffrance suggérée par le titre de l'album est sublimée. Une nouvelle étape a été franchie. Depuis son premier album Dark Undercoat en 2008, Emily Jane White se détache peu à peu d'une folk très classique et de certains accents country. L'aura religieuse qui entoure son chant n'est plus une simple atmosphère qui s'articule à la musique, cette aura va maintenant transformer la folk de l'intérieur pour créer la musique qui lui convient. Emily n'a plus à s'inscrire dans un genre, l'époque du punk de son premier groupe puis de la doom folk est loin. S'inscrivant pleinement dans le catalogue avant-gardiste d'Important Records, Blood/Lines doit être écouté comme une oeuvre de maturité et de détachement, celle où Emily Jane White n'a plus de compte à rendre.



Chroniqué par Patrice Vibert
le 16/01/2014

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