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D'incise

: (Aral)



sortie : 2013
label : Mystery Sea
style : Field Recording

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Tracklist :
01/ (Aral)

De plus en plus proche de l’art sonore, le musicien suisse d’incise revient avec un disque proche des drones les plus abstraits, poétiques et profonds. Une plongée abyssale dans des flux sonores comme on en entend rarement, consacrée à la mer d’Aral, à la prise de son imperceptible et défectueuse de l’eau qui ne reviendra pas.

On connaît surtout d’incise pour sa participation à de nombreux projets de musique improvisée (aux côtés de Cyril Bondi, Ernesto Rodrigues et beaucoup beaucoup d’autres), ainsi que pour son netlabel qui fait également office de plateforme de diffusion pour de nombreux jeunes musiciens suisses, Insubordinations. Mais depuis un ou deux ans, son travail en solo s’oriente de plus en plus vers l’art sonore, les installations, et la composition électroacoustique ou acousmatique.

Preuve en est ce nouveau disque intitulé (aral), et publié sur le label Mystery Sea, spécialisé dans les drones évoquant les flux et reflux maritimes. Mais compte tenu de la référence au lac desséché d’Aral, on pouvait imaginer que l’eau en tant que telle ne serait pas présente sur cette unique et longue pièce de quarante minutes. Ici, d’incise tente de composer une œuvre sur l’eau sans le bruit de l’eau, une pièce désertique et fantomatique faite de bruits légers et granuleux, de drones lourds mais discrets. Une pièce qui tenterait de capter à la manière de Cage peut-être le bruit de l’environnement, le son du sol, du sel qui corrode le terrain, etc.

Il y a cette base sonore donc, très abstraite, mais aussi intrigante que passionnante, une base discrète, sombre, granuleuse, qui paraît produite par un ordinateur plus que par des micros ou des capteurs, à moins que les enregistrements soient fortement filtrés et modifiés. Et puis, à deux moments, des instruments apparaissent. Un orgue, qui produit une longue note. Et un piano, qui répète quelquefois la même note. Ces deux apparitions instrumentales amènent avec elles une grande touche de grâce, de luminosité et de fraîcheur. Elles nous rappellent l’origine humaine et musicale de (aral), et nous ramènent à une notion de composition qui tend à s’effacer devant le côté investigateur et explorateur.

Mais en même temps, c’est cet aspect qui est le plus réjouissant dans cette œuvre. Une recherche qui peut paraître formelle sur l’environnement sonore d’une mer desséchée, mais qui s’avère en réalité très sensible, poétique, inventive et personnelle. La mer d’Aral est seulement telle que d’incise l’imagine, il n’y a rien de concret, mais seulement l’imagination du son produit par le mouvement de destruction de l’écosystème, les flux corrosifs d’une mer éphémère et transitoire captée par des micros défectueux.

C’est beau, émouvant, très original, intime et poétique ; en même temps que sombre, apeurant et nostalgique.



Chroniqué par Julien Héraud
le 05/11/2013

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