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Julia Holter

: Loud City Song



sortie : 2013
label : Domino
style : Pop / Experimental

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Tracklist :
01/ World
02/ Maxim's
03/ Horns Surrounding Me
04/ In The Green Wild
05/ Hello Stranger
06/ Maxim's II
07/ He's Running Through My Eyes
08/ This Is A True Heart
09/ City Appearing

Le poil dans la main, la californienne Julia Holter ne connaît pas. Premier album Tragedy sorti en 2011, le second Ektasis en 2012, ce troisième opus intitulé Loud City Song sort tout logiquement cette année.
Contrairement aux précédents, l’enregistrement de ce disque s’est ouvert à la sphère extérieure : Julia Holter est sorti de son cocon et de sa solitude et a fait appel ici à des musiciens de studio. Prenant pour point de départ la nouvelle de Colette, Gigi, la musicienne offre une musique pop/folk personnelle, à la lisière de l’expérimental et du bizarre.


C’est la voix entêtante d’abord, dès le premier titre, qui charme l’oreille : Julia Holter et ses harmonies vocales nous séduisent à notre insu. A mi-chemin entre Alison Goldfrapp et Kate Bush, la chanteuse ne joue pas tant sur la puissance que sur la délicatesse et la mélancolie de son chant. Pianiste de formation, la californienne convoque sur Loud City Song une kyrielle d’instruments qui enrichissent et ornent l’écrin de ses compositions : violons, contrebasse, percussions, cuivres, c’est tout un orchestre qui met en musique l’imagination féconde et onirique de Julia Holter. Rarement dans la pop actuelle on peut se dire avoir entendu quelque chose d’unique. C’est le cas pour la musique hybride de la chanteuse qui ne ressemble à rien d’autre, entre langueur jazzy ou trip-hop et douceur pop, toujours rêveuse mais jamais semblable de morceau en morceau. Chacun possédant son identité et sa couleur propre, chacun évoquant des images différentes. Ainsi sur Horns Surrounding Me par exemple, la chanteuse semble être au prise dans une espèce de course inquiétante, où sa voix puissante mène une lutte contre les cuivres assaillants. Plus intime, World, sorte de complainte sous forme de musique de chambre, laisse Julia plus seule et plus fragile. Mêlant solo de saxo free jazz et cordes dissonantes, Maxim’s II est un environnement oppressant et effrayant que les chuchotements de la chanteuse anéantissent, comme une divinité jetterait un sort.

Julia Holter bouscule les canons de beauté de la pop pour en réécrire ses propres règles, déroutantes et inattendues. Extrêmement riches, les chansons de l’américaine prennent le temps de s’installer, de se dilater sur 6 ou 7 minutes, comme pour mieux explorer les innombrables subtilités de l’espace-temps musical du disque.
Loud City Song développe au final un univers complètement déconnecté de la réalité, perché bien au-dessus des formats pop traditionnels. Musicienne exigeante, Julia Holter livre un disque aérien qui dégage une douce folie : en l’écoutant vous quitterez votre morne quotidien pour des climats rêveurs et insolites, bande-son d’un club de jazz de film de science-fiction. Étonnant même que David Lynch ne lui ait pas passé un coup de fil pour discuter projet musique pour son prochain film. Un voyage qu’on a peu l’occasion de faire.



Chroniqué par Noémie
le 21/10/2013

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