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Jon Hopkins

: Immunity



sortie : 2013
label : Domino
style : Electronica / IDM / Ambient

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Tracklist :
01 We Disappear 02/ Open Eye Signal 03/ Breathe This Air 04/ Collider 05/ Abandon Window 06/ Form By Firelight 07/ Sun Harmonics 08/ Immunity

Après avoir multiplié les collaborations (notamment avec Brian Eno, Coldplay, Four Tet ou King Creosote) et fourni une bonne poignée de remix sans qu'on puisse tout le temps arriver à faire le lien entre eux, le producteur anglais Jon Hopkins revient avec Immunity, son quatrième album. Quatrième opus, rassurons-nous d'emblée, doté d’une réelle cohérence de fond et de forme.

Au niveau de la production, le travail du jeune britannique frôle la perfection. C’est surtout saisissant au niveau des textures des sons, mais aussi au niveau du mix aéré et tout en retenue, où les glitchs omniprésents déroutent constamment et cassent par là tout risque d’enlisement linéaire. Sans exagérer cet album pourrait bien jouer pour notre époque le même rôle de maître étalon de la production que le Dark Side Of The Moon du Floyd en son temps, il y’a maintenant quarante ans, même s'il ne doit pas être le seul sorti cette année à pouvoir prétendre au même rang…Bref, l’impression sonore qui s’impose en premier lieu est la maîtrise à tous les niveaux.

Point de vue contenu, le trio d’ouverture (We Disappear, Open Eye Signal et Breathe This Air) frappe fort, très fort : des beats techno et minimaux impeccables, dotés d'une petite influence 2-step par moment relativement étouffée, très bien mise en valeur par le mix mais avec la plus grande retenue, propulsent littéralement les morceaux. Au-delà de ces références structurales, nous avons affaire à une Idm-Electronica qui lorgne parfois vers l’Ambient et qui fait la part belle à de très larges et délicats soundscapes, agrémentés de glitchs, assez époustouflants sans avoir besoin d’atteindre le niveau du maître absolu du genre : Pleq et ses albums The Metamorphosis et The Fallen Love. Déjà, au vu des références énoncées plus haut, on sait que notre producteur, comme les plus innovants à l'heure actuelle, brasse très large dans le champs des musiques électroniques et bien même au-delà.

Après la première partie de l’album aux références technoïdes, la deuxième moitié présente une face plus Ambient (Abandon Window, dénué de beat). C’est une approche plus immersive et qui invite à contempler et à se mouvoir dans les track-fields que créent cette musique, ces morceaux…
Le titre suivant Form By Firelight est celui qui est le plus imprégné par les influences Idm d'Hopkins tout en gardant le fil conducteur de l’album.
Et pour la fin le Britannique nous réserve encore deux longues plages pour aller jusqu’au bout du voyage (Sun Harmonics et Immunity), deux plages calmes mais en évolution constante, ponctuées de longues montées, accessions à des hauts plateaux où cette musique semble s’épanouir en apesanteur. Ce sont ces deux titres qui demandent l’écoute la plus approfondie mais une fois qu’on en assimile la substantifique moelle, on se rend vraiment compte du travail incroyable d’orfèvre réalisé par Jon Hopkins et de la richesse de son album.

Cette chronique d'Immunity ne serait toutefois pas complète si on omettait de révéler le cinquième élément de la musique du Britannique : le piano, dont il apprit à jouer très tôt à la prestigieuse Royal Music Acadamy de Londres. C'est réellement cet instrument qui transfigure l’ensemble du disque, et finit d'affirmer l’identité déjà bien singulière de ses compositions. Le piano d'Hopkins apporte une texture organique qui s'équilibre parfaitement avec les sons digitaux. Et c'est la façon assez particulière, minimaliste et discrète, dont le producteur l’incorpore dans sa musique qui en fait un élément crucial. En effet, il opère souvent en égrenant quelques notes, proprement crèves-cœur, au sein des morceaux dont elles tissent l’ossature mélodique en tirant toujours l'ensemble vers le haut.

En conclusion, au-delà de l’engouement autour de sa sortie, gageons que c’est un album qui se bonifiera avec le temps et sera un témoignage d’une certaine époque et d’une certaine approche des musiques électroniques tant il représente la synthèse de tous ses courants, actuels ou passés. Il n’est vraiment pas déraisonnable d’imaginer cet album dans dix ans, rayonnant, inaltéré comme le Solaris (2001) de Photek luit dans le ciel étoilé des musiques électroniques contemporaines.



Chroniqué par Vlad
le 22/09/2013

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