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David Lynch

: The Big Dream



sortie : 2013
label : Sunday Best
style : Blues électronique

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Tracklist :
01/ The big dream
02/ Star dream girl
03/ Last call
04/ Cold wind blowin'
05/ The ballad of hollis brown
06/ Wishin' well
07/ Say it
08/ We rolled together
09/ Sun can't be seen no more
10/ I want you
11/ The line it curves
12/ Are you s

David Lynch dispose à l’instar d’un chat, de plusieurs vies. Sept pour être précis. On l’a connu cinéaste, photographe, artiste peintre, designer, publicitaire, on le découvre musicien et chanteur depuis sa collaboration sur l’album choral Dark Night of Soul. Un essai transformé par la suite et seulement pour l’aspect formel par un album en 2011. Car ce Crazy Clown Time, bien que fort homogène dans sa construction, souffrait d’un manque cruel d’éléments pouvant nous convaincre de l’intérêt d’une telle démarche. Du moins ne captivait-il qu’en raison de l’identité de son auteur. Surtout quand ce dernier s’appelle David Lynch et que ce dernier a produit au cours de sa carrière cinématrographique des œuvres fascinantes, pour le meilleur et parfois pour le pire...

Mais les choses évoluent. L’artistes obtient progressivement ses gallons en imposant sa patte. Une touche assez réjouissante tant on trouve fascinant ce blues rock électronique déglingué jouant sur le clair / obscure. Le mélange fonctionne. C’est cohérent, ça captive c’est messianique. On reconnait dans les intonations de voix de Lynch celles d’une prêcheur. On pense de loin à Angelo Badalamenti, comparaison triviale, mais de loin. Certes c’est sophistiqué, envoutant, mais contrairement au travail du compositeur américain, c’est sale voire presque sauvage par instant.

Qu’importe le point de vu adopté, cela nous défrise, sans rebuter l’auditeur. Car il donne à son blues une vision contemporaine en proposant d’y associer avec le plus grand naturel l’électronique. Car il y a dans sa manière de concevoir, osons le dire, sa trip hop avec modernité, de quoi d’ailleurs finir le travail auguré par Portishead avec son Third, en prolongeant un genre musical qui s’est étouffé dans l’œuf à l’instar de la dynastie Targaryen trop habituée aux unions consanguines. Un renouveau qui se passe de la manière la plus douce. Etonnant de la part d’un artiste habitué à choquer ses contemporains. Mais rien de choquant quand on est habitué à cette manière de styliser la plus horrible des histoires et le plus charmant des cauchemars. Sans pour autant atteindre la force de ses œuvres cinématographiques, Lynch vient néanmoins et belle et bien de trouver un sens à cette autre vie qui s’offre à la lui. C’est toujours poignant de voir un artiste émerger. D’autant plus iconoclaste quand ce dernier a dépassé les 70 ans. Mais avec Lynch tout est possible.


Chroniqué par Guillaume C.
le 15/08/2013

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