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Harley Gaber

: In Memoriam 2010



sortie : 2011
label : Innova
style : Modern Classical / Ambient

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Tracklist :
01/ Catacylsm And Threnody
02/ Threnody And Prayer
03/ Ground Of The Great Sympathy: Aftermath
04/ In-Formation
05/ Coalescing
06/ ...In Completion

In Memoriam 2010 est l'ultime album d'Harley Gaber, qui se donnait la mort deux semaines après sa parution. On y entend pour la dernière fois les paysages mentaux du compositeur minimaliste se changer en souffle puissant. Clameurs expulsées d'orgues fantômes ou hurlements nocturnes, la musique de l'Américain est littéralement habitée par des créatures inquiétantes dont les chants effroyables s'apparentent au bruit du vent. Qu'il déferle ou tournoie, erre ou sursaute, il balaye sans discontinuer des lieux désolés en apportant de bien mauvaises augures. Très vite, les réflexions musicales de l'Américain deviennent métaphysiques : comme sur ses œuvres précédentes, la mort est omniprésente.

Les sonorités d'In Memoriam sont en elles-même bien intrigantes et difficiles à appréhender. En réalité, cette pièce impressionnante de densité est un maelström hyper-phage, un trou noir qui aurait engloutit l’œuvre de nombreux compositeurs et les aurait confondu dans un blizzard spectral. Sur les notes de l'album, on retrouve cités en vrac Beethoven, Verdi ou Morton Feldman, d'autres références plus secrètes sont évoquées ainsi que les propres œuvres de Gaber. Mais si on veut établir un parallèle vraiment évocateur, il faut convier le souvenir de la vertigineuse Atmosphère de Györgi Ligeti. En effet, In Memoriam partage avec la pièce maîtresse du compositeur hongrois un même penchant pour un onirisme angoissant, une même matérialité déchirée entre décomposition et re-création. On touche avec ce dernier point à l'essence même d'In Memoriam dont les titres suggèrent tour à tour l'annihilation (Cataclysm and Threnody, Threnody and Prayer), la restructuration (In-Formation, Coalescing, …In Completion) ou un troublant entre-deux (Ground Of The Great Sympathy: Aftermath). Vous l'aurez compris, à travers ses cinq mouvements élégiaques, qui ne forment qu'une et une seule plage musicale d'une heure, In Memoriam rejoue le cycle de la mort et de la résurrection, les confondant dans une boucle perpétuelle.

A l'instar de ses travaux les plus récents (Winds Rise in the North ou I Saw My Mother Ascending Mont Fuji), Harley Gaber synthétise sur In Memoriam un propos musical de plus de vingt ans, et l'éprouve une dernière fois, aussi puissamment qu'irrémédiablement, au travers de visions de fin du monde et de possibles renaissances. Les considérations du compositeur, qu'elles soient esthétiques ou spirituelles, sont portées ici à leur point le plus extrême. Pour toutes ces raisons, la musique d'In Memoriam est aussi terrifiante qu'attirante. Ultime témoignage d'une personnalité torturée par ses visions d'oracle, ce dernier opus d'Harley Gaber possède les atours des œuvres importantes.

Chroniqué par Mickael B.
le 22/12/2011

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