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Vladislav Delay

: Vantaa



sortie : 2011
label : Raster-Noton
style : Ambient / dub / Techno

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Tracklist :
01/ Luotasi
02/ Henki
03/ Lipite
04/ Narri
05/ Vantaa
06/ Lauma
07/ Levite
09/ Kaivue

Cela fait quelque temps maintenant que Sasu Ripatti a quitté Berlin pour venir s'installer sur une île reculée, quelque part en Finlande. Pourtant c'est toujours à Berlin qu'il nous ramène, inlassablement, au cours de ses interviews. Dans ses albums les plus récents, le spectre de Berlin plane encore : décombres industriels tentaculaires chez le Vladislav Delay Quartet, météore en orbite géostationnaire chez le Moritz Von Oswald Trio…etc. De son côté, Vantaa (l'aéroport international d'Helsinki pour info) créerait un pont aérien entre la Finlande et la capitale allemande. Il raconterait Berlin ou plutôt le souvenir de Berlin, à l'orée des années 2010, en évoquant la ville dévorée par le fantasme urbain qu'elle aurait elle-même engendré.

Sur ce dixième album, déjà, de Vladislav Delay, Berlin est plus que jamais la ville techno achevée, totalisée, éternellement noctambule et absolument vidée de sa substance vitale. Un nouveau genre de parc d'attraction pour lycéens argentés et défoncés venus suicider leur spleen de robot sur les ruines "musée-ifiées" de l'Histoire récente. Cette image de Berlin, Vantaa tenterait de l'exorciser en atteignant un état de catharsis. C'est en envoyant des béats techno tachicardiques se crasher contre des nappes de synthé cramées au néon que Ripatti essaye d'approcher cette sensation extrême au-delà de laquelle tout retombe dans le silence le plus total. Vantaa éprouve ainsi de pistes en pistes les motifs récurrents d'un cauchemar urbain et bruyant dont on ne pourrait se réveiller. Mais derrière ses murs de rythmiques infranchissables et malgré sa noirceur apparente, Vantaa dévoile avec le temps des climats plus lumineux qui finissent par insuffler une douce léthargie à qui pose son oreille sur ses plages d’ambiant/dub industriel.

Sur Vantaa, oubliées les sonorités organiques de ses précédents opus. L'album marque la première étape de la collaboration entre Vladislav Delay et la maison Raster-Noton. L'alchimie est d'ailleurs si parfaite qu'on se demande constamment lequel des deux vampirise l'autre. Partons du postulat que le label germanique a effectivement ce pouvoir d'insinuer sa froide esthétique jusque dans les recoins les plus enfouis de ses productions et qu'un artiste aussi sauvage et indépendant que Ripatti possède à l'inverse toutes les armes nécessaires pour la capter et la détourner à sa guise. Bref, si cette interpénétration artistique reste à la limite du subliminal et tant mieux, force est de constater l'aspect glaçant, anguleux, et extrêmement précis des nouvelles créatures de Sasu Ripatti. Heureusement, pas d'exercice de style ici, l'esthétique R-N semble rencontrer point par point les préoccupations actuelles, qu'elles soient musicales ou simplement fantasmatiques, du Finlandais.

On atteint certainement le sommet de Vantaa avec le triptyque Vantaa / Lauma / Levite. Là Ripatti démontre toute l'habilité et la force évocatrice dont il est capable et il s'en donne à coeur joie. Le titre éponyme prodigue d’abord une lente sensation de tangage en invitant à un trip mental sous haute dose de narcotiques. La forme est particulièrement soignée. A peine le temps de recouvrer ses esprits que Lauma rompt brutalement nos rêveries en nous mitraillant de beats claquants lancés à une vitesse dépassant l'entendement. Notre endurance est mise à rude épreuve, Mark Fell et son duo SND n'ont qu'à bien se tenir ! Heureusement, Lauma s'arrête précisément où finit notre seuil de tolérance et où commence Levite, une pièce salvatrice qui lève cette fois le voile sur des espaces organiques et accueillants. Tel un satellite franchissant la vitesse de libération, nous y retrouvons le rythme familier des voies rapides, les paysages en mouvement des immeubles de bureaux plongés dans le noir, prêt pour un nouveau tour de montagne russe. Finalement, au fur et à mesure que les compositions de Vantaa défilent, elles découvrent ce qu'on osait à peine soupçonner: les étendues liquides et spectrales des îles finlandaises au milieu des clameurs de la ville.

Chroniqué par Mickael B.
le 29/11/2011

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