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No Drum No Moog

: Monomur



sortie : 2011
label : Le Kit Corporation
style : Math-Rock / Electro

Tracklist :
01/ Moshimoshi
02/ Self Control
03/ No Drugs No Boobs
04/ Don Benito 6 A. M.
05/ Nagashima
06/ Sabotage
07/ Toromacho [alternative]
08/ Toromacho
09/ Old Faces
10/ 1970

Il faut que ça claque. Il faut que ce soit la contradiction même. C'est ça : il faut que ce soit l'incarnation de la contradiction. L'incarnation, surtout, c'est ça, plus que le reste. La chair de la musique, pas une chose abstraite, mais le son même. Le son sec, pas froid, pas chaud non plus, pas exactement, le son juste, le son pas évident — il s'agit de musique —, non, le son vrai, le son qu'on voudrait parfait, même s'il ne l'est pas exactement, le son intact, manié avec tact, sur un moog et une batterie, le son que la musique peut faire entendre quand elle ne pense à rien, si ce n'est à elle-même. Et si ça chante, souvent (Self Control, notamment), et que l'on regrette ce chant, qui est comme une pièce rapportée, une pièce imposée à la musique, qu'elle ne nécessite pas du tout, le fonds, lui, ne chante pas, ne change pas. Il est radical, mais pas pour le plaisir simple qu'on prend à être radical, parce qu'au contraire, il ne cherche dans le son que le son, la justesse du son.

Et, d'ailleurs, No Drum No Moog se déprend vite du piège — la voix comme ornement —, muets comme on les préfère, ayant chassé les restes des voix dans des samples tout de même superflus. Ils assènent la certitude qu'ils ont acquise avec une force qui dépasse les manières convenues. Et jouant avec le sens des explosions plus qu'avec celui des mots (Nagashima), ceux qu'on se plaira à appeler plus tard NDMG, parce qu'on sait qu'ils n'en resteront pas là, tous les deux, dans cet enchevêtrement du toucher et de la frappe, ces deux-là nous font rêver d'un monde où toute la musique ne serait que cela : le sabotage brillant de sa propre façon (Sabotage) — ce riff superbe parce que si simple et ce rythme si juste parce que découlant de la simplicité du premier. Aussi, même à celui qui n'excuse ni la voix et pas même les samples, parce qu'ils dérangent l'une comme l'autre l'agencement des instruments, le ton et le fonds sonnent si juste qu'il pardonne l'erreur qu'il pensait y trouver. Comme cette double version de Toromacho, qui passe d'une chose acoustique et légère à une chose électronique et légère — ou pas tant que ça. C'est sans doute qu'à la fin, l'important, c'est de se trouver avec eux, dansant sur ces phrases entêtantes et distinguées parce que si simples, purement musicales. Et, au rythme binaire qu'édicte la batterie, ajouter le rythme binaire de l'oscillation de notre propre chef — violent, droit, spontané, sincère (1970).

Chroniqué par Jérôme Orsoni
le 05/09/2011

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