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Emboe

: Colita de Rana - A Sound Track



sortie : 2011
label : Zéro égal petit intérieur
style : Ambient / Drone

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Tracklist :
01/ Producite depilate
02/ Mejor morir sabiendo lo que es el
03/ Chicas en el cementario
04/ A mi hiro querido (Part 1)
05/ Corona de flores
06/ Si ni sana hoy sanar maniana
07/ A mi hiro querido (Slow Version)
08/ La madonna del barrio
09/ Tu hir

La nouvelle sortie de Zero Egal Petit Intérieur a quelque chose de particulier. D'abord, elle est la première à n'être pas enregistrée par l'un des membres fondateurs de cette jeune structure. C'est peut-être elle qui la fera passer de statut d'unité d'auto-production à celui de label à proprement parler : excellente nouvelle ! Deuxième particularité, Colita de Rana – A Soundtrack est, comme son nom l'indique, la bande originale d'un film réalisé par Lata Masud, Colita de Rana. Du film, malgré nos recherches, on ne sait rien ou presque, sinon qu'il a été présenté en 2009 au festival Cinémabrut.

A ce moment précis, on pense à cette expression si galvaudée qu'on a vu courir dans tant de chroniques post-rock : « bande-son pour film imaginaire ». On s'amusera à imaginer le film de cette bande-originale, bande-son pour film absent, bien réel. Mais laissons ici l'idée : la musique s'écoute avec ou sans film et même, l'absence de film lui donne cette dimension abstraite qui rend cette musique si intrigante.

Il faut croire que l'exercice ouvre pour Emboe, contraction d'Emmanuel Boeuf, guitariste chez Sons of Frida et par conséquent habitué de ces colonnes, un certain nombre de libertés bienvenues. Ce n'est pas une musique improvisée, mais cela y ressemble. C'est plutôt une musique d'essais, de tâtonnements et de reprises – une musique expérimentale à proprement parler. Emboe y cherche moins le résultat final que le mouvement, l'esquisse, la pluralité des solutions données à un même problème : ainsi des quelques huit Outtakes qui ferment ce disque, variantes sur quelques canevas harmoniques et mélodiques ouverts, attendant sans cesse d'être revisités ; ainsi également des quelques fragments de thèmes qui reviennent au cours du disque. Autre liberté : ces morceaux obéissent moins à un plan, à des structures, si complexes et indéchiffrables soient-elles, qu'à une certaine manière de réagir au hasard au moment même de l'enregistrement, d'ouvrir les pistes aux accidents, aux petits ratés et dérapages qui donnent à ce disque une texture de présent permanent : ni figé, ni complètement libre, mais ouvert sur le passage et sur un éphémère qui lui donnent, tout au long de ses quarante minutes, ce sentiment de mélancolie immatérielle, comme si la musique s'effrangeait à mesure qu'elle passe.

C'est qu'il s'agit, avant tout, d'un disque de textures sonores plus que de compositions à proprement parler. Emboe ne s'embarrasse pas nécessairement de mélodies et peut construire ses morceaux à l'aide de sons lointains, comme enregistrés à distance et évoluant dans l'espace sonore comme des fantômes (La madonna del barrio). Les moments les plus mélodiques et dont les sons sont les plus identifiables ne sont pas nécessairement les plus réussis (A mi hiro querido - encore que le thème en est très beau). Emboe fait bon usage de son héritage no wave : accords irrésolus, notes fantômes, harmoniques : tout est mobilisé en vue de faire sortir la guitare de son usage conventionnel et identifiable au profit de sa matérialité sonore et la faire évoluer entre noise, drone et ambient, parfois éventuellement en posant sur le tout un battement qu'on devine construit avec un looper et des pédales d'effet plutôt qu'avec une boite à rythme à proprement parler (Outtake 1). Si Sons of Frida évoquait souvent le meilleur de Fugazi et de Sonic Youth, Emboe en solo propose une musique bien moins repérable et cartographiable. Qu'on puisse se perdre dans les recoins de cette musique n'est pas la moindre de ses beautés.

Chroniqué par Mathias
le 26/07/2011

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