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Action Beat

: Beatings + Unbelievable Fuck Ups — Improvised Bonus Jams



sortie : 2011
label : Truth Cult
style : Noise

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Tracklist :
01/ Car Crash Halloween Disco
02/ Solgunn
03/ Danger beat
04/ Krang
05/ Straight
06/ DonO))) vito
07/ Bergen to Bletchley
08/ Shit Yrself
09/ Daddy Why
10/ Chug

+

01/ Burn
02/ Chugg
03/ Drum Heads
04/ Epic Beat
05/ Krang's

Il y a les amoureux de la sagesse, et puis il y a les autres. Il y a les amoureux de la finesse, et puis il y a les autres. Il y a Action Beat, et puis il y a les autres. Et puis, il y a les autres, comme Battles, qui se met à croire sincèrement en l'idée de leur tête pensante Ian Williams selon laquelle ils font de la pop, et deviennent sinon un peu du moins franchement ridicules. Il n'est pas mal, alors, de découvrir un groupe qui semble s'en foutre éperdument de se voir à la une de tel ou tel magazine, préférant la musique à, je ne sais pas, moi, quelque chose de fluotrèslaid, et vulgaire — une forme de déchéance que le groupe connaîtra peut-être un jour — mais plus tard.

En attendant la déchéance, Beatings est le troisième album d'Action Beat. C'est quoi Action Beat ? Eh bien, au moins deux ou trois (ou plus) batteurs, quatre guitaristes, et un bassiste qui font du noise improvisé. Décrire leur musique, morceau après morceau, c'est une gageure. On préfère retenir la force et l'énergie, la manière de délire continuellement renouvelé, la franche folie, et l'innocence aussi, qui émane de Beatings, comme si le son comptait plus que le sens. Et "comme si", en fait, non. Le son compte plus que le sens. Et comment ne pas aimer ? Comment ne pas aimer quand la musique est libérée de l'idée selon laquelle elle devrait dire quelque chose ? Il arrive qu'elle le fasse, et qu'elle le fasse bien — parfois. Mais ce n'est pas ça. C'est le son qui compte. Et le son, c'est le bruit libéré : une musique dont la structure s'impose à elle-même, cependant qu'elle se développe, cependant qu'elle dure.

Beatings semble ainsi aller avec la raison contre la raison. Avec la raison parce qu'Action Beat sait ce qu'il fait. Contre la raison parce qu'Action Beat s'évertue à la mépriser, à décevoir toutes les attentes — comme chanter alors que c'est instrumental. Comme après dix titres adjoindre à l'album dix titres de sessions "unbelievable fuck ups", on ne saurait dire mieux, et qui poussent l'auditeur dans ses retranchements, l'obligent par exemple au son des neuf et quelque minutes d'Epic Beat à être quelqu'un d'autre que lui-même ou bien simplement lui-même — envahi par le son, n'est-ce pas la même chose ? Que dire donc ? Sinon, par exemple, que le divin Krang's Body est un chef-d'œuvre d'hésitation contrôlée entre les larsens, le rythme, et les déluges qui, s'ils rappellent, n'imitent pas, mais dévastent tout pour un paysage neuf et bienheureux.

Et, comme c'est ce qu'ils n'ont de cesse de faire en quelque vingt titres, on l'est aussi, bienheureux, forcément.

Un bon disque ? En fait, mieux que ça.

Chroniqué par Jérôme Orsoni
le 17/06/2011

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