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Amon Tobin

: ISAM



sortie : 2011
label : Ninja Tune
style : IDM

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Tracklist :
01/ Journeyman
02/ Piece Of Paper
03/ Goto 10
04/ Surge
05/ Lost & Found
06/ Wooden Toy
07/ Mass & Spring
08/ Calculate
09/ Kitty Cat
10/ Bedtime Stories
11/ Night Swim
12/ Dropped From The Sky
13/ One Last Look (Bonus Track)

"Celui qui attend les breaks jazzy devrait aller voir ailleurs. On est en 2011 les gens, bienvenue dans le futur." Pour son nouvel album Amon Tobin ne s'est pas contenté de devancer ses contemporains, il a aussi anticipé les critiques. Il faut dire qu'on l'a vue plus d'une fois jetée sur le comptoir, cette nostalgie que ressentent certains pour les débuts acid jazz de l'éternel bricoleur. Et on imagine à quel point cela doit le gaver, Amon Tobin, qu'on puisse ainsi s'attacher à un passé révolu. Toute évolution fait forcément son lot de déçus. Mais les déçus seraient sans doute plus nombreux si le producteur laissait sa musique croupir dans les eaux stagnantes de l'auto-satisfaction.

Quoiqu'il en soit, nous voilà donc face à un nouvel album, et, comme à son habitude, l'Anglo-brésilien nous propose quelque chose de radicalement nouveau. Un nouveau son, un nouveau délire. Mais aussi différente paraît la chenille du papillon, les organes internes de l'insecte restent presque inchangés d'un stade à l'autre. Souvent, il suffit d'écouter certains morceaux du précédent album pour s'apercevoir que les éléments étaient déjà là, prêts à muter. ISAM a quelque chose de Foley Room, qui lui-même a quelque chose de Chaos Theory, etc. Pour aller de Foley Room à ISAM, le sound designer n'a pas choisi le chemin le plus facile. Ce sont peut-être les côtés les plus expérimentaux du premier qui constituent le substrat du nouvel album. La recherche sonore a été poussée comme jamais.

Je ne m'attarderai pas plus sur la description de l'album : Amon Tobin l'a faite pour moi. Ca se passe sur Soundcloud – et vous feriez mieux d'y aller avant que les tonnes d'éloges finissent par rendre ce qui nous intéresse illisible. Chaque morceau est commenté par le producteur. Influences, inspirations, images, techniques, anecdotes : tout y est, et ma chronique sert décidément à quedalle. Je retiendrai malgré tout cette phrase, car elle résume assez bien l'état d'esprit dans lequel a été composé l'album : "J'aime l'idée de jouer des instruments futuristes qui n'existent pas, des instruments construits avec un haut niveau de détail mais finalement joués très mal." Pour ma part, je n'ai qu'une chose à ajouter : ce chaos construit avec minutie est la preuve que le chercheur de son n'a rien perdu de son immense talent.

Chroniqué par Tehanor
le 13/05/2011

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3 commentaires

par thecrazydonut (le 24/06/2011)
Première écoute... C'est un peu étrange, la musicalité ne m'apparait pas évidente. C'est un album plus expérimental. Les sons sont travaillés, très riches. Comme à son habitude Amon Tobin est le seul à produire de tels sons.
Deuxième écoute. Et bien je m'ennui un peu. On sent que le travail qui a été fait est vraiment important, l'innovation est bien là mais il manque vraiment quelque chose. Pour moi il manque une certaine musicalité, une ligne conductrice, un but dans le morceau.J'ai attendu que les morceaux décolent mais ils restent tous scotché à un je ne sais quoi. On ne retrouve pas du tout la puissance des morceaux précédents (la puissance subtile et dévorante d'un bloodstone par exemple). Les titres manquent d'une ligne accrocheuse, rageuse comme Amon Tobin sait si bien les faire.Ils sont aériens mais trop ventilés (c'est une métaphore qui me parle beaucoup mais par certain qu'elle soit très parlante).Comme certain aliments tiennent au ventre, cet album ne tient pas aux oreilles.Ca manque de pomme de terre ! Ca manque de consistance. On attend déséspérement que le morceau démarre mais on reste perpetuellement sur sa faim. Journeyman, Kitty cat, Dropped from the sky échappent un peu à cela. Sinon j'ai l'impression d'être dans une eternelle interlude.
J'ai une impression étrange d'être dans un musée d'art contemporain. On sait que l'on a en face de soit quelque chose de bien mais on a du mal a aimer. C'est bien l'oeuvre d'un grand mais ça reste opaque. L'art moderne n'est pas fait pour plaire ni pour être considéré comme beau, c'est fait pour exprimer quelque chose souvent poussé à son paroxisme. On va une fois tous les six mois au musée, on a pas besoin de voir un monochrome de whiteman tous les jours. Et bien ISAM c'est un peu la même chose.
Troisième, quatrième, cinquième écoute... je suis frustré.

par helljay (le 21/05/2011)
Je précise avant toute chose que je suis un grand fan d'Amon Tobin depuis de longues années. Cet album qui est loué un peu partout me laisse sur ma faim. Le travail sur les sons et les textures est très impressionnant, voir n'a pas d'équivalent, jusque là je suis d'accord. Pour le reste ce disque me fait penser à un objet contemporain un peu obscur et ennuyeux. J'ai l'impression que les morceaux ne démarrent jamais vraiment. Il y a de bonnes choses naturellement, c'est Tobin quand même, mais elles sont diluées dans ce qui ressemble à de longues intros. Journeyman en est un parfait exemple : ça démarre super bien et... rien de plus n'arrive. Je ne trouve clairement aucun morceaux percutant comme Tobin à l'habitude d'en livrer par wagons sur ses albums. La science du maitre semble atteindre son apogée un peu au détriment de sa capacité hors du commun à raconter des histoires et à émouvoir. Après il se peut que je me trompe et que je découvre plus tard que cet album est excellent. Je l'espère d'ailleurs à vrai dire.
http://www.nocolkte.fr
par nocolkte (le 17/05/2011)
J'avoue que je suis assez déçu de cette critique sur l'album ISAM d'Amon Tobin. J'ai l'habitude de lire des critiques exceptionnelles sur ce site, et je m'attendais à mieux sur Amon tobin qu'un simple : Amon a tout dit sur son album, donc ma critique ne sert à rien... Bon ok, j’exagère un peu, mais pour moi, Amon Tobin est tellement incroyable, que je suis un peu déçu qu'on ne lui réserve pas une critique un peu plus... profonde, autant que l'est son travail.

Parce qu'Amon Tobin est un grand artiste. Je n'ai jamais écouté de musique à la qualité aussi incroyable. Amon est perfectionniste, sa musique est riche comme aucune autre. C'est bourré de contrastes qui nous surprennent, pourtant il garde une constance dans chaque titre de ces albums. "Bedtime Stories" est une preuve de ce contraste. Des sons légers, et puis des vagues sonores fleurtant parfois avec le dubstep. On se laisse porter par tous ces sons qui viennent nous pétiller dans les oreilles. C'est profond. On découvre à chaque écoute de nouveaux sons. C'est bizarre la sensation que j'ai quand j'écoute cet album. Non, n'allez pas imaginer des choses. Oui ça me fait frissonner, mais je parle plutôt du fait qu'à la fois j'essaye d'analyser chaque son, et à la fois je me laisse porter par la musique...

Surtout ce que j'aime bien chez Amon (oui je l'appelle Amon, c'est un grand pote qui vient prendre l'apéro parfois), donc ce que j'aime chez lui, c'est qu'il prend sont temps à la fois pour sortir ces albums, des petites merveilles à chaque fois, mais aussi pour explorer les sons. C'est une progression lente, parfaite... Au contraire de certains artistes que je ne citerai pas (Birdy nam nam), qui passent d'un coup d'un style trip hop jazz à de l'électro qui se laisse écouter certes, mais qui ne se démarque pas trop de ce que font déjà très bien d'autres, enfin c'est mon avis... Amon prend son temps, il expérimente, et on suit sa progression albums par albums, freebies par freebies, live par live... C'est incroyablement beau. Il faut écouter ses albums depuis le début pour comprendre vraiment son travail, son évolution. Amon tobin, c'est comme du vin (oui je sens que ça vous parle ça). Il faut du temps pour l'apprécier, savourer chaque nuance...

Bref, Amon tobin est un grand artiste, et je me demande ce qu'il pourra bien nous sortir après un tel album...
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