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Caribou

: Swim



sortie : 2010
label : City Slang
style : Poptronica / House

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Tracklist :
01/ Odessa
02/ Sun
03/ Kaili
04/ Found Out
05/ Bowls
06/ Leave House
07/ Hannibal
08/ Lalibela
09/ Jamelia

Dan Snaith alias Manitoba alias Caribou s’est fait remarquer avril dernier en offrant sa troisième galette, Swim, en pâture aux loups avides de musique intelligente et dansante. Et le moins que l'on puisse dire est qu'il a repensé sa formule pour en tirer une house/dance personnelle toujours aussi originale. Ici, point de comptines pop, solaires et venimeuses auxquelles son précédent opus, Andorra, nous avait habitués – souvenez-vous du single Melody Day !

Swim s'ouvre aussi sur un tube : l'aguicheur Odessa. Ce sont des cris de poulet qui introduisent le titre, avant de céder la place à une batterie kitsch à souhait. L'alchimie est complexe mais tranquillement, la magie opère. Car il s'agit bel et bien de magie. Plus que des calculs mathématiques, sa musique transporte et comble l'auditeur. Il faut dire que Caribou n'est pas à son premier essai. Le Canadien compte parmi ses amis Kieren Hebden, plus connu sous le nom de Four Tet. Autant dire un maître d'oeuvre en matière de folktronica.

Vient ensuite Sun. Énorme coup de massue. Les machines rabâchent "Sun, Sun, Sun" et on chante aussi. Cette ritournelle idiote s'est incrustée bien vite dans nos cervelles. Le plaisir est immédiat, le rythme semble décoller sans pour autant quitter le sol. Le groupe ne nous laisse pas le temps de nous ennuyer puisque la boucle de synthés mue inlassablement pour tendre vers une pop house sale furieusement jouissive. Sun à été répété jusqu'à l'ivresse. Les sons se sont accumulés et nous en avons consommés jusqu'à l'orgasme sonore.

La piste suivante en prend, en quelque sorte, le contre-pied. La violence est toujours perceptible, mais le chant et le rythme lancinant posé par les synthés attendrissent la sauce. Kaili est la migration des oiseaux l'hiver, une contradiction permanente où se côtoient le bien-être et la révolte.

Le disque poursuit sa route avec Found Out, bel équilibre de pop et d'electronica. Comme à son habitude, le savant s'empare de vos jambes. Une irrésistible envie de marcher la nuit, un sourire bête collé à la tronche. Le rythme cardiaque s'emballe progressivement sans que l'on s'en rende compte. C'est aussi ça la beauté de sa musique.

Swim n'est pas un album parfait. Il n'y a pas de fausses notes à déplorer mais les titres sont inégaux. Bowls, bien que terriblement bien construite, fait partie de ces chansons qui ne me transcendent pas. Ce n'est pas la technique qui pèche, mais l'ennui que provoque le morceau. Peut-être la recherche de la perfection l'a-t-il rendu trop plat. La piste qui lui succède, en revanche, est monumentale. Leave House est un bijou d'orfèvre confectionné avec préciosité, qui ne se révèle en bouche qu'après plusieurs dégustations. Attention à ne pas se laisser désarçonner par le côté kitsch et lancinant : les moments de rupture qui l'entrecoupent risquent de vous faire chanceler. Hannibal n'est pas mauvaise mais souffre simplement de la comparaison.

Alors qu'on approche de la fin, Caribou propose une pause bienfaitrice, une caresse tendre qui s'appréhende comme un interlude : Lalibela. Une mise en bouche pour goûter Jamelia, la chanson qui clôture l'album en s'envolant miraculeusement, lyrique et organique. La remontée pénible d'une nage merveilleuse, la recherche du souffle pour se maintenir en vie. En d'autres termes, un rayon de soleil qui perce une couverture nuageuse opaque, ou l'arrivée de l'aube.

Les pistes ont beau dévoiler chacune des aspects différents, ces neuf chansons sont plutôt homogènes. Elles forment un ensemble cohérent, limpide, aquatique, mathématique où l'on entend les cuivres vociférer. Ce qui est sûr, c'est que Swim est un album aux facettes multiples... Tour à tour house, électronique voire beat-dance, il s'écoute sous la douche, au casque ou en soirée. Sans le savoir, ses mélodies vont s'insinuer dans vos caboches grâce à cette alchimie particulière, cette simple complexité qui lui confèrent une force insoupçonnable. Caribou a sans doute franchit un cap en élevant ainsi sa musique. Chapeau l'artiste !

Chroniqué par StellaDominique
le 08/01/2011

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