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Tristan Perich

: 1-Bit Symphony



sortie : 2010
label : Cantaloupe
style : Musique électronique

achat/téléchargement

Tracklist :
01/ Movement 1
02/ Movement 2
03/ Movement 3
04/ Movement 4
05/ Movement 5

Mon idée est que Tristan Perich accomplit le minimalisme. Même si les minimalistes en musique n'ont jamais accepté le terme, il y a une tradition dont Perich se revendique : Philip Glass, Terry Riley, Steve Reich. Cette tradition est audible dans la pièce composée par Perich. Le minimalisme est aussi présent formellement dans le dispositif : une seule puce qui contient le code de la composition et la présence du dispositif "en personne" qui fait de chaque écoute une écoute de la performance de la pièce, le dispositif de cette 1-Bit Symphony exécutant la pièce au lieu de la lire, comme sur un disque ou un fichier numérique. C'est cette double invention qui accomplit le minimalisme et notamment l'idée de Steve Reich d'un parallélisme entre l'exécution et l'audition de la musique. Ici, la musique n'est jamais reproduite, elle est toujours exécutée lorsque l'auditeur déplace le bouton vers "ON".


Développant le processus inventé en 2006 avec 1-Bit Music, Tristan Perich a composé cette symphonie électronique, d'une amplitude et d'une force qui dépassent en la faisant entendre à chaque instant la tradition minimaliste dont elle est issue. Cinq mouvements qui font entendre le son pour ainsi dire pur de l'électronique, comme si l'on entendait le son primitif que produit un circuit électronique : un son rude, brut. Mais un son qui surprend surtout par les possibilités à vrai dire insoupçonnées offertes par le medium. La richesse vient de l'agencement des hauteurs de sons, des mélodies, des nappes, des couches qui buzz de façon irrésistible.


Et si, en effet, on pense dès les premières secondes du premier mouvement à Steve Reich et Philip Glass, on les oublie vite au profit d'une musique originale qui déborde le cadre strict de son mode de production pour se révéler tout simplement belle. Belle jusque dans ses derniers retranchements comme le mouvement infini qui termine la symphonie et que seul le doigt de l'auditeur — on / off — peut interrompre. Accord ultime qui grésille et laisse résonner la profondeur du seul bit de cette musique : mélodies subliminales, harmoniques et presque larsens dans un seul accord infini, transe sonore de l'auditeur et donc avant tout de la la musique elle-même qui n'en finit pas de se décomposer et de se recomposer.


Je ne connaissais pas l'œuvre de Tristan Perich avant 1-Bit Symphony, mais elle contraint à elle seule à dire qu'on a affaire à un compositeur majeur.



Chroniqué par Jérôme Orsoni
le 27/08/2010

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