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Tom White

: In Poor Visibility



sortie : 2010
label : Hibernate
style : Ambient / Tape Loops / Field Recordings

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Tracklist :
01/ Global
02/ On Sundays
03/ Cecil Andrew
04/ Over Familiar
05/ A Pardon
06/ Visibility
07/ Moredon Cooling Towers
08/ Destitute
09/ Nobody In The Water

Dans la constellation des labels britanniques dédiés aux musiques ambient et électro-acoustiques, il faudra désormais compter sur un nouveau venu : Hibernate. Un nom qui, au passage, fait office de leitmotiv. Ici il est question de musique intimiste à écouter en position fœtale, et de préférence pendant les jours pluvieux. La première vague des productions estampillés Hibernate comptait d’ailleurs des professionnels du genre : Ian Hawgood, Chihei Hatakeyama ou Northener. De quoi attirer l’attention. Maintenant la petite maison du West Yorkshire a atteint sa vitesse de croisière, et s’emploie surtout à lancer sur le devant de la scène de jeunes pouces pleines de talent. Tom White fait incontestablement partie de cette deuxième vague venue apporter du sang neuf. Ce jeune londonien n’avait précédemment sorti que deux Eps chez Smallfish et Under the Spire ; on aime rester en famille.

En ce qui concerne ce premier album, tout est parti de la photo que l’on retrouve sur sa pochette. Une route de campagne enneigée, vue à travers le pare-brise irradié de lumière d’une voiture. White confesse avoir voulu rendre l’atmosphère à la fois extrêmement banale mais aussi sur-réelle de cette image dans sa musique. Pour ce faire, il a commencé par improviser à la guitare électrique à l’aide d’un enregistreur analogique et à rassembler des bruitages du quotidien, glanés de ci de là. L’assemblage final d’In Poor Visibility réside dans un jeu de collage habile, dominé à la fois par le souci du détail, un certain sens de la parcimonie mais surtout un penchant prononcé pour les boucles et l’esthétisme de la répétition. On pense tout de suite aux tape loops de William Basinski par exemple. Mais le londonien ne donne pas dans la réplique, et préfère aller à la simplicité. C’est simple, White a cette faculté peut-être innée, de faire beaucoup avec trois fois rien.

In Poor Visibility est bien la bande-son d’un road-movie en solitaire. Dans chaque morceau, White se plait à ressasser ses thèmes, les mêmes drones crépusculaires, les mêmes voix lointaines qui pourraient parfois être celles d’un hall de gare. Comme pour mieux souligner ce que les pensées d’un homme en fuite vers nulle part peuvent avoir d’obsessionnelles et de cauchemardesques. Enfin, à grand coup de field recordings mécaniques et inquiétants, White impose surtout sa propre idée du rythme, qui se situerait à la limite ténue entre la totale arythmie et les battements d’un cœur de plus en plus espacé, presque immatériels. Ce qui finit de conférer à ce premier album, son étrange atmosphère déliquescente, et à l’auditeur cette sensation d’un basculement progressif du banal vers l’onirisme le plus angoissant.


Chroniqué par Mickael B.
le 18/03/2010

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