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BJ Nilsen

: The Invisible City



sortie : 2010
label : Touch
style : Ambient / Field Recordings / Experimental

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Tracklist :
01/ Gravity Station
02/ Phase And Amplitude
03/ Scientia
04/ Virtual Resistance
05/ Meter Reading
06/ Into Its Coloured Rays
07/ Gradien
08/ The Invisible City

Le sound artist suédois BJ Nilsen se livre sur The Invisible City à une évocation de l'espace-temps urbain. Et c'est une première dans sa discographie car de sa part, on était plutôt habitué aux errances polaires et oniriques qu’aux ballades en milieu bétonné. Ses aficionados seront donc les premiers surpris. Mais point de rupture malgré les apparences. Au contraire il y a un véritable lien logique entre ce nouveau Nilsen et les précédents. De The Short Night et l’image de son fort abandonné au bord de l’océan jusqu’aux grondements discontinus d’une mégalopole insomniaque, Nilsen nous convie à contempler ce qui nous dépasse ou ce qui nous paraît infini. D’où ce profond sentiment d’inquiétude, d’angoisse vis-à-vis de l’existence humaine qui habite toute l’œuvre du suédois et qui trouve à s’exprimer avec encore plus de violence sur ce nouvel essai.

Nilsen a sans doute beaucoup appris aux côtés de l’ex Cabaret Voltaire Chris Watson. Les deux hommes partagent outre le même label (l’incontournable Touch), une même passion pour les enregistrements de terrain. Ce qui les a d’ailleurs amenés à collaborer à de nombreuses reprises. Dès le titre d’ouverture, Nilsen pousse l’exercice dans ses limites les plus extrêmes. Sous couvert d’un drone atone, le Suédois œuvre en sous-terrain, triturant une multitude de bruits et de rumeurs imperceptibles. Les mêlant les uns aux autres dans un maelström électrique allant crescendo. L’explosion est inexorable.

Au fil des compositions, Nilsen dessine les contours de territoires bruyants et schizophrènes ; où les repères demeurent brouillés, où l’émotion est sujette à l’aliénation. Aux plages sonores vides, animées seulement par le vacarme le plus total ou les parasites les plus variés (Phase and Amplitude, Scientia), succèdent des phases d’apaisement éphémère puis de nervosité grandissante. Virtual Resistance, bloc fragmentaire de quatorze minutes quarante-huit joue allégrement sur l’alternance de tous ces éléments. Encore une fois le travail de composition est impeccable, et puise dans les motifs sonores même la puissance et le sens de la mélodie ou, le cas échéant, du bruit.

Meter Reading en embuscade accélère le rythme, nous plonge dans un flux ultra-rapide d’informations que notre perception ne peut pas supporter. C’est une pièce épique et urgente (Tim Hecker ne l'aurait pas renié) qui finit comme il se doit dans l’anéantissement le plus total.

Into Its Coloured Rays a de façon inattendue un parfum de milieu de nuit. Moment suspendu où l’obscurité cesse d’avaler l’univers et laisse les habitants de la techno-cité dans la torpeur et le sommeil au son des dernières télévisions allumées et du vent flirtant avec les tours de verre. C’est dans cette ambiance impensable que se conclue The Invisible City. Avec la sublime et lumineuse Gradient puis l’envolée extatique du morceau éponyme. Final en forme d'apothéose dont on n'aurait pas pu rêver mieux pour refermer ce qui est peut-être l'un des albums les plus passionnants de ce début d'année 2010.

Chroniqué par Mickael B.
le 16/02/2010

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