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Summons Of Shining Ruins

: Bird Requiem



sortie : 2009
label : Resting Bell
style : Ambient / Noise / Experimental

Tracklist :
01/ Song 1 - Uta
02/ Song 2 - Mes
03/ Song 3 - Debu
04/ Song 4 - Utyu
05/ Song 5 - Hel
06/ Song 6 - Utan
07/ Song 7 - Ponkori

Il n’y a rien de pire qu’un chroniqueur qui cite la bible, je vous le concède. C’est pour ça que je vais le faire. Prenez vos bibles les enfants et lisez. Dans l’épître aux corinthiens, Paul dit : "nous voyons comme dans un miroir, obscurément". Cette sentence bien chrétienne signifie en quelques mots que la vérité nous est cachée, que la réalité échappe par essence à notre bien trop pauvre perception. Bon, j’ai un peu sorti la phrase de son contexte. Paul continue ensuite en nous disant qu’une fois aux cieux toutes les choses nous apparaîtront clairement, telles qu’elles sont. Mais comme vous n’êtes qu’une bande de nihilistes, ce n’est pas trop votre problème puisque c’est le néant qui vous attend (et moi de même, rassurez-vous).

Et Summons of Shining Ruins dans tout ça ? Patience, car le moment arrive où ma terrible et messianique argumentation va boucler sa boucle et vous irradier de sa clarté. Summons of Shining Ruins donc : un pseudo parmi d’autres dont s’est affublé le trop secret guitariste japonais Shinobu Nemoto pour produire sa musique ambient d’un genre bien particulier. En effet, notre jeune ami japonais a une passion dans la vie : pousser la détérioration du son jusqu’à ses plus extrêmes limites. Ainsi Bird Requiem, son nouvel album sorti sur le net-label Resting Bell, a été entièrement enregistré à partir d'un vieux multipiste. Nemoto n’en est pas à son coup d’essai puisque ce procédé est sa marque de fabrique. Sous le nom de Dark Side of the Audio System, il va même jusqu’à capter ses errances guitaristiques sur un appareil analogique défectueux du genre "bon pour la casse". Le résultat est pire que lo-fi, vous vous en doutez. Bird Requiem aurait pu échapper au même supplice si il était tombé entre d’autres mains. Chance qu’il n’eut pas. Nemoto a pourtant consenti à un traitement de faveur en le saccageant par ordinateur. Ce qui est moins barbare, il faut avouer.

Les premières écoutes de Bird Requiem peuvent certes déconcerter. Les compositions du Japonais sont littéralement noyées dans des torrents de parasitages soniques et autres bruits incommodants. Un peu comme si le mixage avait été un véritable massacre. Pourtant, au fil des écoutes, au fur et à mesure que l’oreille s’accommode de cette production à l’acide chlorhydrique, la musique de Nemoto émerge, mélancolique et brumeuse. Parfois des voix spectrales traversent les décharges électriques pour nous atteindre, conférant à Bird Requiem une humanité rassurante. A ce jeu de cache-cache, où l’auditeur doit franchir le voile des illusions pour parvenir à ressentir la musique - comme l’homme chez Saint Paul pour parvenir à la vérité -, Nemoto n’est pas loin d’exceller. Attention cependant que ce concept ne devienne pas mécanique ; il pourrait perdre certains auditeurs en route.

Ajoutons enfin que Bird Requiem est en téléchargement libre sur le site de Resting bell...

Chroniqué par Mickael B.
le 23/01/2010

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