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Frànçois and the Atlas Mountains

: Plaine inondable



sortie : 2009
label : Talitres
style : Pop

achat/téléchargement

Tracklist :
01/ Friends
02/ Be Water (Je suis de l’eau)
03/ Wonder
04/ Moitiée
05/ Remind
06/ Do You Do
07/ Otages
08/ Night = Days
09/ Years of Rain
10/ Pic-nic

Il arrive parfois qu’un album qui ne nous avait inspiré rien de très transcendant lors des premières écoutes, découvre enfin ses charmes au bout d’un certain temps passé au banc d’essai. Allez savoir pourquoi, mais c’est ainsi. Le nouvel album de Frànçois and the Atlas Mountains, s’inscrit parfaitement dans cette logique. Encensé depuis de nombreuses années par la presse spécialisée, ce français installé à Bristol depuis 2003, signe un album inclassable. Un disque qui énerve et qui séduit. Mais un album qui stimulera les papilles auditives de tous les amateurs de pop inclassable.

Pourquoi continuer d’écouter un disque qui nous inspire si peu ? Pour le plaisir d’y découvrir ce qui a été indicible lors de la première écoute. Et dieu sait que ce disque a provoqué chez moi une réaction épidermique à la première écoute. La voix nasillarde, l’attitude faussement nonchalante du chanteur… Sa manière de plagier de temps à autres Dominique A (Pic Nic) qui n’a d’égale que sa prononciation franchement franchouillarde de la langue de Shakespeare. Un aspect d’autant plus énervant que l’auteur est professeur de français installé en Angleterre depuis près de la moitié d’une décennie. On reste donc longtemps focalisé sur sa manière volontairement désabusée de chanter. Une maladresse, quand on y pense, car cela ne réussit qu’à le desservir au premier abord. On frôle la catastrophe. De là à dire que ce disque est l’un des projets les plus surestimés de l’année il n’y avait qu’un pas. On ne peut s’empêcher de penser à notre cher Damien Saez, un artiste qui a su comme personne incarner l’artiste incompris, maudit et surestimé. Arrivé à ce stade, on se rappelle de la reprise du thème de Titanic par le chanteur de Jeune et con, lors de la dernière édition du Festival de Saint Nolf en 2000. Un souvenir incroyable de cette prestation effectuée devant un parterre de spectateurs prêts à lui payer un aller simple pour le cercles de pseudo-poètes tragiquement disparus…

Alors pourquoi continuer d’écouter Plaine Inondable ? Parce que malgré ses défauts, son côté prétentieux voire exaspérant, il est difficile de se détacher de ce nouvel album de Frànçois and the Atlas Mountains . Une substance qui se distille au fur et à mesure des écoutes répétées. Une musique qui s’incruste en profondeur dans l’oreille de son auditeur. Un peu à l’image d’une relation amoureuse, car l’attrait que ce disque suscite ne repose sur aucun fondement objectif.

Influencé par la ligne de conduite définie par Dominique A, Plaine inondable rappelle les albums de Superflu ou de Tue-Loup : un mélange assumé entre pop et chanson française. Loin de copier/coller systématiquement ses ainées, François Marry propose d’y intégrer des rythmes africains et des chœurs basques, à défaut d’avoir pu travailleur avec des chanteuses bulgares… (Be Water, Remind). Un mélange futé et orignal qui finit par faire mouche. Chose est sûre, on est surpris par l’originalité et le côté inclassable de ce disque. Un artiste qui rappelle par ce côté, un autre artiste originaire de Bordeaux, le chanteur Kim domicilié depuis quelques temps sur le label Vicious Circle. Plaine Inondable, rassemble en effet de petits bijoux pop à la fois oniriques et nostalgiques (Friends ou de Moitiée) mais aussi des ritournelles toutes aussi prenantes (Be Water (Je suis de l’eau) ou Do You Do). Mention spéciale pour le titre Remind, qui convoque avec brio l’esprit du blues malien.

Plaine Inondable est un album exigeant, un disque qui se livre qu’au fur et à mesure des écoutes. Avis aux patients, cela n’en sera que meilleur.



Chroniqué par Guillaume C.
le 07/12/2009

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2 commentaires

par Guillaume C. (le 09/07/2010)
A vrai dire c'est tout l'inverse. J'apprécie beaucoup les artistes qui chantent en français. Mais il ne suffit pas de chanter en français pour que ce soit parfait. Je suis un peu plus critique. En l'occurrence je trouve que parfois la voix en fait trop. Dommage car je trouve que ce disque est plein de trouvailles. IL faut prendre ça comme un bémol, qui vient pondérer la bonne impression que j'ai eu de ce disque. C'est tout.

par coherence zero (le 05/04/2010)
à la lecture de cette chronique je vois un syndrome qui m'agace chez beaucoup d'auditeurs éclairés, ce rejet épidermique d'un chant en français qui semble excentrique. En fait cette non-chalance qui parait fausse, c'est ça qui vous énerve? C'est peut être simplement un chant travaillé, ou du moins obtenu à force de répétition, c'est le caractère, l'identité du chanteur. Parfois elle est outrancière et detestable bien sûr (saez) mais en l'occurence, comment parler de prétention alors que c'est tout l'inverse. Ce qui en ressort c'est une certaine fragilité et une maladresse, du moins un place laissée à l'aléatoire voire au bizarre.
Evidemment on pense à Dominique A. Mais pourquoi ne pas admettre que, si françois appartient à la même catégorie de chanteurs français (ceux qui utilisent le français comme un matériaux à travailler et pervertir, y compris dans les intonations, sans chercher à chanter fort, longtemps, ou plus juste qu'un auto-tune), il a sa propre identité?
Surtout qu'il ne me semble pas plus fantasque ou prétentieux que beaucoup de groupes anglophones qui eux ne se gènent pas pour maltraiter les prononciations et intonations de leur langue.... toujours le même problème, faire accepter la pop de tradition anglo-saxone dans une langue où l'on ne retient que brel et brassens.

Finalement, j'aimerais bien que cette chronique ne serve pas seulement à dire : il faut bien écouter ce disque pour au bout du compte y entrevoir un intérêt. Mais plutôt dire : il faut en finir avec ses préjugés et ses irritations épidermiques et complètement démesurées face à ce type "d'artiste".

PS: Et s'il s'agit d'une des rares (seule?) sortie français du label Talitres habitué des disques pop folk les plus soignés, ce n'est certainement pas un hasard.

merci pour votre lecture et aussi pour cette chronique, quand même!
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