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Jonsi & Alex

: Riceboy Sleeps



sortie : 2009
label : Parlophone
style : Ambient / Classique

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Tracklist :
01/ Happiness
02/ Atlas Song
03/ Indian Summer
04/ Stokkseyri
05/ Boy 1904
06/ All The Big Trees
07/ Daníell In The Sea
08/ Howl
09/ Sleeping Giant

Riceboy Sleeps c'est avant tout le nom sous lequel Jón Þór Birgisson et son ami Alex Somers évoluent depuis quelques temps. Dernier forfait en date, Happiness, un morceau qu'on retrouve sur l'excellente compilation Dark Was The Night sortie cette année chez 4AD. Riceboy Sleeps, c'est aujourd'hui le titre de l'album de Jonsi & Alex.

Les même gars, donc. Un drôle de duo qui semble prendre un malin plaisir à brouiller les pistes. Si leur univers sonore ne s'approche que de très loin de celui développé depuis plus de dix ans par Sigur Ros - ah oui, au fait Jonsi en est le leader -, sur le fond, sa vocation première est bien la même : offrir à l'auditeur un nouvel espace d'intimité.

Sans chant, au-delà des chœurs de l'incroyable Kópavogsdætur, chorale de sylphides islandaises, Riceboy Sleeps ressemble à ces ballets lents et gracieux des toiles d'araignées prises dans les courants d'air. C'est d'ailleurs comme pris dans ces dernières, qu'on se retrouve paralysé par le poison poétique instillé délicatement par notre couple. Plus s'insinuent ces effluves vénéneuses, plus l'envie de passer à autre chose s'amenuise, puis s'efface définitivement. Susurrant leur désir de néant tout en refusant la question opiniâtre du "Que faire, maintenant?" , ils jouent de leurs claviers, avec parcimonie mais volupté, une ambient stratosphérique, organique et nuancée à souhait (le travail complémentaire des cordes d'Amiina en rajoute en puissance évocatrice), sans autres scrupules que de le faire bien.

Mélancolie, élégie, jusant de sensations inquiétantes autant qu'apaisantes, la recette est éprouvée depuis longtemps. Mais nos acolytes s'en sortent vaillamment, donnant à entendre une musique androgyne, sans minauderie ni violence, où la réalité serpente et vacille vers une tout autre direction. Là où les illusions sont souveraines, où le dépouillement n'est que prétexte à décliner l'infini diversité du monde. Ils ne sont d'ailleurs jamais aussi efficaces que lorsqu'ils tentent de remplir les espaces troublés d'un instant oisif. Ils ont compris - l'expérience Sigur Ros joue ici à plein - que l'oisiveté conduit souvent ceux qui la pratiquent ou l'endurent à échafauder moultes stratagèmes, pour en sortir ou en garder les plaisirs.

Alors, ciselant la pierre brute de la banalité de quelques brisures électroniques et d'arrangements fantasmatiques, ces orfèvres taquinent notre imaginaire, nous poussent à rêvasser et s'emploient à nous offrir le pouvoir de ne rien faire d'autre. Et peut-être, au final, d'apprendre à s'ennuyer. Comme avec ce billet, me direz-vous. Alors, le pari est gagné : la vie est courte, l'ennui la rallonge, vous savez.

Chroniqué par Yvan
le 01/10/2009

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