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Alif Tree

: Clockwork



sortie : 2009
label : Compost
style : Electro / Jazz / Pop

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Tracklist :
01/ Aurevoir
02/ Way Down South feat. Tony Joe White
03/ Never Be The Same
04/ Reality
05/ Mai
06/ Que Tu
07/ Not Gonna Waste My Time
08/ Without Her(tH)
09/ Timestretched
10/ Dead Flowerz

Enthousiasmé par les premières minutes jazz de Clockwork, je m’affale sur le canapé, bascule la tête en arrière et ferme les yeux. L’ambiance est riche mais décontractée, habillée par un piano façon Cinematic Orchestra, mais surtout colorée par de légers rythmes de percussions. Une tenue des plus agréables, que les cordes frottées s’empressent de mettre en valeur, dans un registre plus triste. Attristé mais amoureux, comme un au revoir sur le quai d’une gare.

On sent clairement les effluves de l’excellent French Cuisine, album qui avait sans doute révélé Alif Tree à un public plus large. Pas pour longtemps. Le garçon inverse la tendance en peignant un blues, plutôt agréable par son groove entraînant, et bien aidé par la voix grave de Tony Joe White. Je savais à quoi m’attendre, le voyageur français étant amateur de diversité, mais je n’imaginais pas tant de différence d’une piste à l’autre. De très bonnes surprises, comme le symphonique et ravissant Reality, ou Que tu dont la rythmique de batterie rappelle délicieusement le « hit » d’Alif Tree My soul. Timestretched rentre lui aussi dans les rangs du précédent album par son électro-jazz apaisant, tel un délicat massage du système auditif.

Une attention quasi-obligatoire après les titres pop/chanson à vomir. Le morceau Mai représente en tout point ce que je déteste en musique, cette nouvelle vague chanson française lounge pour bourgeois branché. Je hais cette piste comme rarement j’ai abominé. Les voix féminines seront plus à leur avantage sur le soul Without her(th) que l’on aimerait voir performé dans l’ambiance (auparavant) enfumée du sous-sol d’un sombre bar de quartier.

Un album finalement agréable, bien différent de French Cuisine. Sans être meilleur ou moins bon, Clockwork navigue entre les styles, entre notes jazz, électroniques, symphoniques, pop et chanson. L’expérience du dernier nommé aura eu le mérite de me vider les intestins d’un surplus de musique prémâchée à la française, accumulé ces dernières années. En zappant ce titre et quelques passages sans saveur, ce nouvel opus révèle une authentique personnalité.



Chroniqué par Camille
le 20/05/2009

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