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Pivot

: O soundtrack my heart



sortie : 2008
label : Warp
style : Post-Rock / Electronica

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Tracklist :
01/ October
02/ In the blood
03/ O soundtrack my heart
04/ Fool in rain
05/ Sing you sinners
06/ Sweet memory
07/ Love like I
08/ Didn't I furious
09/ Epsilon
10/ Nothing hurts machine
11/ My heart like marching band

Disque détestable au possible, O soundtrack my heart de Pivot prouve par l'absurde que Warp est un grand label, de par son aura historique et sa capacité à promouvoir des groupes importants dont le dernier en date reste Battles.

Pillant par opportunisme ou tout simplement par manque d'idées tout ce qui est à la mode ces derniers temps, O soundtrack my heart est une bouillie indigeste et surproduite. Claviers dignes du générique de K2000, boîte à batterie réverbérée jusqu'à l'abêtissement, ligne de guitares qui n'ont de math-rock que ce qu'elles doivent à leurs inventeurs (Don caballero, puis Battles, donc), electro contemplative certes, mais de sa propre vacuité.

Dans ce concert d'insultes faites à l'oreille humaine, on trouvera de tout. Le post-modernisme de In the blood qui fait entendre le click qui sert à donner le tempo en introduction, interrogation bien terne du medium électronique et, surtout, présage manifeste de la platitude du morceau, que ne dérangeront qu'à peine les accents no-wave d'une guitare qui peine à faire du bruit — autant dire qu'elle peine à jouir. Les facéties épiques de l'éponyme O soundtrack my heart qui, après avoir hésité entre des synthétiseurs à la Vangelis et les saturations d'une basse qui veut faire malpropre, s'attarde sur un tempo qui lasse, lasse, hélas. L'avant-rockisme de Sing you sinners qui, récitant bien le petit Battles illustré (du riff un peu complexe aux voix sous effets en passant par les mains qui claquent, tout y est) ferait mieux de se demander quand il va enfin commencer. La glitchologie de Epsilon qui donne le temps à la guitare de découvrir les joies des possibilités ouvertes pas l'usage inconsidéré de la pédale de volume (trois minutes à ce rythme, c'est long, très long) avant de sombrer dans une improbable chansonnette binaire (d'abord, pendant la première minute trente, avant qu'on ait la bonne idée de varier un peu) hantée par quelques fantômes vocaux qui n'effraient personne. L'ambient de My heart like marching band dont l'atmosphère éthérée en fin de disque est certes de bon ton, mais passablement convenue.

Un album varié, en somme, mais qui ne parvient pas à faire varier l'ennui que provoque son écoute. À oublier, mais vite.

Chroniqué par Jérôme Orsoni
le 27/09/2008

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10 commentaires afficher tous les commentaires

par François (le 05/03/2010)
Il aura fait parler ce disque. Et bien je dois dire que, bien qu'étant ultra-fan du label Warp et aimant beaucoup Battles, ce disque ne m'a pas séduit. Il est effectivement surproduit et opportuniste. Je rejoins donc l'avis du chroniqueur.

par Necroyeti (le 28/05/2009)
Perso je ne suis pas trop fan de Battles. C'est peut-être original etc., n'empèche que ça me tape vite sur le système. Pivot s'est peut-être inspiré de Battles, je trouve leur musique plus accessible. J'aime le côté rétro des claviers, qui me rappelle un peu les BO de John Carpenter, et certaines chansons sont vraiment chouettes. C'est peut-être pas l'album du siècle, mais c'est plaisant. Tant pis, Monsieur le chroniqueur érudit et hautin, si ça te paraît plagié du début à la fin, ce qui compte , c'est que certains y trouvent quelque chose.

par Chtfn (le 06/05/2009)
Alors là, je suis sacrément surpris de cette critique. Je parcourais le web à la recherche de reviews pouvant m'en dire plus sur l'avis de ceux qui ont écouté ce que je me permettrai d'appeler une petite perle.
Je ne vais pas essayer de me justifier avec des grandes phrases et des comparaison qui étalent ma culture musique. Tout ce que je sais, c'est que :

J'ai découvert en concert à Strasbourg, j'ai adoré, et je les ai revus en concert deux fois à Brisbane, j'ai re-adoré et meurs d'envie de les revoir. Je me suis d'ailleurs acheté cet album à la fin d'un de ces concerts, et je ne me lasse pas de l'écouter. Mon avis personnel, contrairement au votre, un peu extrême et manichéen il faut avouer, est que cet album nous fournit enfin quelque-chose de novateur, élaboré avec talent, audace et énergie. Les écouter me fait à la fois danser et respecter profondément le travail réalisé, ce qui n'est pas souvent le cas. J'admire tout particulièrement le travail du batteur Laurence Pike, qui entre haut la main dans le top trois des batteurs les plus talentueux que j'ai pu voir en concert.

Voilà, pêle-mêle, mes pensées là-dessus.
J'espère que les lecteurs de cette critique virulente ne se laisseront pas directement convaincre de ne pas laisser sa chance à Pivot : je crois bien que c'est là le problème que pose le caractère extrême de votre critique. Une telle "descente" mériterait de s'être un peu plus intéressé au groupe lui-même.

par Dora The Explorer (le 08/04/2009)
Ben, moi, j'ai aimé ce disque.
Et rien compris à la chronique. Ce qu'elle dit est sûrement vrai, ce site s'amuse pas à descendre un album gratuitement.

Seulement mes oreilles ont décidé que j'aimerais cet album. Battles je ne dis pas non, mais certaines tracks sont aussi bien saoulantes.

Bref, lecteur de cette chronique, écoute le disque si tu le peux.

par Guillaume (le 22/02/2009)
Jérome a complètement raison, Pivot se donne l'air de plein de choses dans l'air du temps et plutôt excitantes, et c'est assez malhonnête car le disque reste bien terne et scolaire.
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