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Maarten

: My Favourite Sheriff



sortie : 2008
label : Boxson
style : Pop

Tracklist :
01/ A New Year
02/ My Favorite Sheriff
03/ Your Mother Should Know (O'Brother)
04/ All Around You
05/ Will You Inherit the House ?
06/ Cheers My Friends
07/ Golden Days
08/ So Lonely
09/ Sad Songs
10/ Welcome Home
11/ A Rainy Saturday Night
12

Profitons, si vous le voulez bien, de ce que la dématérialisation des supports musicaux n’a pas encore eu le temps de faire disparaître complètement l’objet « disque », pour nous adonner un instant à l’un des mille et un petits plaisirs maniaques qui constituaient naguère le quotidien des passionnés de musique : l’analyse de pochette.


Prenons pour exemple le nouvel album de Maarten. Voilà un groupe dont on ne sait quasiment rien, mais à propos duquel la pochette nous apprend beaucoup – et ce, avant même que l’on ait écouté la moindre note de l’album qu’elle renferme. Un dessin aux teintes pastel, réalisé dans un style « ligne claire » ; une typographie rappelant une écriture d’écolier, et un titre d’album (My Favourite Sheriff) évoquant le monde de l’enfance ; des titres de chansons fortement référencés (Your Mother Should Know – oui, comme les Beatles) : pas de doute, nous sommes ici en présence d’un authentique groupe de pop anglaise, dont on pressent déjà le goût pour les belles mélodies et les arrangements chiadés.


La pochette en question représente un homme vu de dos ; assis sur une chaise de plage, il contemple la mer. A ses côtés, une seconde chaise, vide. La sérénité qui se dégage de cette image annonce une musique calme, apaisée, doucement mélancolique (la chaise vide)… et sans doute un peu trop pantouflarde.

Mais la manière dont cette image est construite évoque également une autre pochette célèbre : celle de On the Beach, de Neil Young (1974) – à la différence que sur cette dernière, l’image en question était une photo montrant le chanteur debout, face à la mer, avec à ses côtés une planche de surf fichée dans le sable. Le message y était clair : en scrutant ainsi l’horizon, Neil Young regardait les illusions des sixties (symbolisées par les Beach Boys) partir à la dérive – ce qui correspondait parfaitement à la tonalité générale du disque : sombre, amère et désabusée. De toute évidence, si l’on s’en tient à la seule analyse picturale, ce n’est pas cette facette de Neil Young qui aura été retenue par Maarten, mais plutôt le caractère tranquille de disques comme Harvest ou Harvest Moon.

Passons à l’écoute de l’album. Le premier titre (A New Year) semble a priori confirmer nos déductions : intro au violoncelle, voix éthérée, tout ici semble indiquer que l’on à affaire à une pop plutôt vaporeuse… avant que n’arrivent une batterie bien sèche et de grosses guitares, qui, couplées à une mélodie aérienne, évoquent irrésistiblement Grandaddy. Pas étonnant : un rapide coup d’œil au livret permet de constater que la production du disque a été confiée à Jason Lytle lui-même.

On découvre au passage que Maarten est en réalité un groupe français (de Rouen, pour être précis), et notre mauvais esprit nous pousse aussitôt à conclure que, contrairement à nos premières impressions, My Favourite Sheriff n’est sans doute rien de plus qu’une opération de clonage un brin poussive opérée par le barbu de Modesto sur un jeune groupe modelable à l’envie. Affaire classée ?

Eh non ; car contre toute attente, la somme écrasante de ces a priori ne parvient pas à résumer totalement un disque à la qualité d’écriture évidente, et dont les chansons lentes et belles, parfois plombées par de brusques accès de neurasthénie (Will You Inherit The House ?, So Lonely ou le superbe She’s the One et sa trompette désolée), évoquent régulièrement les splendeurs fragiles de Iron & Wine (Welcome Home, A Rainy Saturday Night).

C’est sans doute cette voie que Maarten devra creuser à l’avenir - davantage que celle des miniatures pop ultra-mélodiques (Golden Days ou The Most Beautiful Days of my Life, fabuleusement accrocheurs mais nettement moins personnels) ou des décalques de Grandaddy (Sad Songs) que l’on avait pressenti au départ, et dont la présence effective sur l’album témoigne surtout des hésitations d’un groupe qui se cherche encore.

Si ces quelques titres, loin d’être déshonorants par ailleurs, viennent quelque peu perturber la cohérence du disque, celui-ci n’en reste pas moins impressionnant par son niveau d’exigence et par le potentiel artistique et émotionnel qu’il révèle – d’autant qu’il ne s’agit là que du deuxième album de Maarten. A ce rythme là, le prochain saura sans doute vous fendre le coeur. Avec ou sans Jason Lytle. Avec ou sans pochette.



Chroniqué par Bigmouth
le 13/05/2008

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