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Palangueto

: Curtite



sortie : 2007
label : Autoproduit
style : Electro-Rock

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Tracklist :
01/ Run
02/ Tongo
03/ Kiss
04/ One Big Love
05/ With You
06/ Looking Glass
07/ Morning After
08/ Shallow Bitch

Si Curtite a un mérite c'est bien de mettre en valeur les motivations de ses créateurs : une volonté presque obsessionnelle de retourner dans des décors musicaux antidatés (Talking Heads, Soft Cell), d'y découper des attitudes avec un certain goût pour la transgression.

Parce qu'une telle résolution est ma foi courageuse, applaudissons ! Mais parfois de belles idées tombent tout doucement à plat, alors nuançons.

Oh, ce n'est pas tant par excès de zèle que l'entreprise du duo argentin cahote par endroit, ce serait même plutôt l'inverse en fait. Pourquoi ne pas avoir laissé libre court à plus d'arrogance, de celle qu'on leur connait sur scène ?

En clair, l'envie de marquer le coup sur disque - avec une superbe sincérité - s'apparente plus ici à un timide roulé-boulé qu'à un saut tête en avant dans le vide.
En 8 morceaux, Curtite propose une électro-rock bourrée d'énergie, c'est vrai, mais portée tant bien que mal par une production trop calculée, agencement muté dont chaque gène n'aurait d'acquis que ceux dominants et consensuels du moment. Dans cette soif sans fard de faire virevolter la maillot rayé de l'Argentine au cœur en fission du dancing floor mondial, ces laborantins tordus, n'ont pas su finir leurs manipulations ou du moins, les ont faites de travers.
En limant l'impromptu et les accidents, ils ont freiné les divagations dissonantes autant que les dérapages qui font la puissance de leur live. Pour laisser affleurer, peut-être pas des lieux communs - un morceau comme Run est hors de ces derniers - mais des "déjà dits".

Non, un riff de guitare vibrant à s'en décrocher la plèvre calé sur des tourbillons de basses à l'inertie certes improbables, ne renverse plus les valeurs ambiantes (le scabreux One Big Love).
Non, les lacis de voix et les glissades verbales - que veut nous raconter Palangueto sur Shallow Bitch ? - ne rendent pas spécialement d'hommages vertueux à l'héritage laissé par les Byrne et autres Almond.
Non, quelques incartades drum'n'bass même efficaces (Looking Glass) ne font pas nécessairement souffler de vent subversif.

Et pourtant oui, la singularité et l'acrobatie ont leur place chez nos deux Porteños. On le sent, on le sait même.
Qu'ils les laissent entrer, et alors là, ils tiendront le haut du panier, bien partis pour renverser les corps dans tous les living-room d'occident.

Chez eux déjà on dit diving-room.

Chroniqué par Yvan
le 08/02/2008

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