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Amélie

: The Real Nature of the Fantastic Ice Cream Car



sortie : 2007
label : Boxson
style : Pop / folk

achat/téléchargement

Tracklist :
01/ Almost One Minute With a Toy Piano
02/ Forgotten Christmas Gift
03/ In a Bag under the Sea
04/ Where Dreams Go
05/ Island Girl
06/ The Birthday Gun
07/ Black Birds
08/ The Ear Revolution
09/ Monsters
10/ Love of a Girl and a Bear
11/ Windy C

Le titre de ce premier album d'Amélie, jeune artiste parrainée par le stakhanoviste bordelais Kim (ce qui est a priori un gage, sinon de qualité, en tout cas d'intérêt), était suffisamment intriguant pour susciter une certaine curiosité, encore attisée par les flatteuses comparaisons que l'on avait pu lire ici et là (Smog, Cat Power, Shannon Wright...).

Mauvaise pioche : dès les premières secondes du disque se pose un problème de taille - la voix de ladite Amélie, nasale à souhait, est à ranger au rayon "pythies folk dont les litanies tapent directement sur les nerfs sans même passer par le cortex". La chanteuse accomplit ainsi l'exploit d'agacer l'auditeur en un peu moins d'une minute chrono et avec des moyens ultra-réduits (ce fameux organe vocal, donc, et un piano-jouet - jamais bon signe, ça, la présence d'un piano-jouet...).

Par masochisme ou par pure bonté d'âme, on se dit alors qu'il faut poursuivre l'écoute et passer au-delà de ce timbre irritant au possible, histoire d'aller voir si, par hasard, de belles compos, une certaine inventivité en termes de production, ou tout simplement un peu de talent, ne se cacheraient pas derrière...

Hélas, l'effort (et je pèse mes mots : des morceaux comme The Birthday Gun ou Love of a Girl and a Bear, sur lequel - horreur ! - la voix se dédouble, donnent véritablement des envies de meurtre) est bien vain : écrire une mélodie digne de ce nom est visiblement le dernier des soucis d'Amélie, et les arrangements, qui tentent une timide percée de temps à autre (les cordes de The Ear Revolution, les claps et les quelques notes de slide sur Black Birds), finissent par fuir à leur tour, laissant l'album seul face à sa propre inconsistance (les derniers titres du disque s'enchaînent dans une interminable logorrhée, sans que l'on puisse jamais les distinguer les uns des autres).

On ressort donc de cet album à la fois épuisé (par l'effort d'imagination qu'il faut fournir pour essayer de lui trouver un intérêt), en colère (contre les comparaisons hasardeuses et - il va sans dire - totalement injustifiées qui nous avaient attiré de prime abord), et paradoxalement fier de soi (d'avoir réussi à écouter ce disque jusqu'au bout sans céder aux joies du seppuku). Amélie, tout un monde d'émotions.



Chroniqué par Bigmouth
le 11/10/2007

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11 commentaires afficher tous les commentaires

par abourgeot (le 25/04/2009)
J'ai écouté à plusieurs reprises le disque d'Amélie et rien à faire j'aime énormément ce disque freesbee qui fait peur aux oiseaux et qui a taquiné violemment les oreilles du critique.
La barrière de la voix peut,effectivement, être un frein pour certains et si on ne l'aime pas pourquoi aller plus loin dans l'écoute. Quant au manque d'imaginations de ce disque,je dirai oui, peut être et alors (je m'en fous), des disques qui n'ont rien révolutionné, y'en a des tonnes et c'est pas pour autant qu'ils sont mauvais. J'ajouterai pour finir que certains morceaux sont des perles mélodieuses.Bref et encore une fois , j'aime cette galette et je pense que je vais le réécouter à l'instant.

par Gloq (le 03/11/2007)
Les critiques, positives ou négatives, c'est très utile au public. Mais il ne faut pas que celui-ci se comporte en enfant à qui l'on fait découvrir le monde.
A lui de décrypter, si la critique est assez riche pour cela, les goûts et les humeurs du critique pour ensuite adapter le tout à sa personnalité.
Ne soyons donc pas naïfs, critiques et publics. Ainsi qu'artistes du reste. N'accordons, tous les trois, à la critique qu'une valeur relative. Reconnaissons comme évidente sa subjectivité.
Un critique ne peut pas passer son temps, entre deux parenthèses, à admettre que son point de vue n'engage que lui.

Du reste, à la lecture de cette critique, je savais que j'adorerais le disque d'Amélie. Ça n'a pas raté ! Merci donc à l'artiste et au critique qui a mieux su m'aiguiller que des critiques positives un peu bébètes.

par béné (le 18/10/2007)
Cher Bigmouth,

Nous sommes bien d’accord, le principe du « Si t’aimes pas, t’en parles pas »… très peu pour moi !

Nous voilà rassurés !!! TU achètes des CDs ! Rassure-moi…, tu n’as pas dépensé 20 euros pour celui là ?!

Je ne m’étonne quant à moi pas de ta réaction défensive en ce qui concerne les jugements de tes écrits ! Ta critique a suscité des réactions pour le peu virulentes, à hauteur du coup porté, je pense. Difficile d’accepter la critique ? ;-)

Merci de t’être donné la peine de te justifier, cela dit, me voilà fort mal renseignée…
Penses-tu réellement qu’en te demandant d’être constructif, j’attendais un commentaire « positif » au sujet de cette artiste ? …bou ! C’est avoir une bien triste opinion sur ton lectorat…

Oh oui ! Critiquons Joanna Newsom !!!!!!!!!!! L Je garderai pour moi les applaudissements…

A aucun moment, je pense, nous ne t’avons imploré d’épargner « une jeune artiste encore inconnue », mais merci tout de même de t’être penché sur le problème que nous cachons tous au plus profond de nous même !

Dieu merci, ta chronique ne brisera pas sa carrière, tu as raison !

Bien que perturbée par cette chronique qui, je te l’assure, ne m’a absolument pas ennuyé, je continuerai à te lire…un peu de persévérance m’aidera peut-être à apprécier tes écrits !…tiens… tu pourrais peut-être en faire autant avec le CD freesbee…


par bigmouth (le 18/10/2007)
Vous avez raison : soyons constructifs.
D'abord, le principe du "Si t'aime pas, t'en parle pas". Dommage, moi j'avais compris que le rôle de la critique était exactement l'inverse : en parler, que ça plaise (au chroniqueur, à l'artiste, au public) ou non. Pour ma part, ce que j'attends d'une chronique, c'est qu'elle me dise si oui ou non, l'album dont elle parle vaut la peine que j'y investisse une vingtaine d'euros - car oui, je fais partie de cette frange de la population qui achète encore des disques. Pour cette raison, je n'attends pas qu'elle ne me parle que des bons disques - et c'est encore plus vrai pour un site comme dMute, qui n'a pas, a priori, à subir les mêmes pressions que la presse (papier) spécialisée.
Après, je ne vais pas vous faire le coup de "la censure (ou l'autocensure) est l'ennemie de la liberté d'opinion et du débat d'idées", mais vous saisissez le principe...
Dans le même ordre d'idées, je trouve pour le moins étonnant qu'une chronique, certes très négative, se retrouve instantanément taxée d'être "injuste", "non constructive" et "de mauvaise foi", sans parler (parce que c'est si éculé que ça n'appelle pas de réponse) du procès d'intention de "règlement de comptes perso". D'abord, je ne vois pas ce que vient faire la mauvaise foi là-dedans - vous pensez peut-être que j'ai fait semblant de ne pas aimer ce disque juste pour faire une chronique négative ? Ben non : croyez-le bien, j'ai au contraire essayé de transcrire au mieux ce qu'il m'inspirait, et d'être ainsi le plus "juste" possible. Quant au fait d'être "constructif", si pour vous ça signifie simplement "dire une chose positive", alors disons que la pochette est pas mal.
C'est à mon avis un autre problème qui se cache derrière vos remarques : le fait qu'il s'agisse d'un premier album, d'une jeune artiste encore inconnue. Je suis à peu près persuadé que si j'avais écrit la même chronique à propos - au hasard - du dernier Joanna Newsom, ça n'aurait dérangé personne, et certains auraient même applaudi bien fort... Mais ce serait avoir une bien piètre opinion du travail artistique que de considérer que des niveaux de notoriété différents appellent des niveaux de critique différents. La démarche qui consiste à donner à entendre ses oeuvres, parce qu'on les estime suffisamment bonnes pour être écoutées et appréciées du public, est la même pour tout artiste, que l'on vende dix millions d'albums ou que l'on en vende dix ; et le fait de solliciter le public appelle des réactions, positives ou négatives, de ce public - c'est la règle du jeu, et elle est la même pour tous. Je ne vois donc pas ce qui justifierait un traitement de faveur pour un artiste en démarrage. Par ailleurs, que les esprits chagrins se consolent : dans le cas d'Amélie, les critiques sont dans l'ensemble plutôt positives, comme elle le souligne elle-même ; et malgré toute l'estime que je porte à dMute et à ma propre plume, je ne suis pas persuadé qu'une chronique négative sur ce site suffise à ruiner à tout jamais sa carrière naissante.
Mais bon, si malgré toutes ces explications, ma chronique devait continuer à vous ennuyer, n'hésitez surtout pas à changer de site et à lire d'autres chroniques plus "positives" ; demandez directement à Amélie, elle a toutes les adresses.

(PS : Amélie : je n'ai pas de chien. Ni de cheval blanc, d'ailleurs. Et pour jouer convenablement au freesbee, il faut recourber les bords de la galette, ce qui n'est pas facile avec une rondelle de plastique de 12cm de diamètre. Mais si tu as d'autres idées, je suis preneur).
http://www.fantasticicecreamcar.com
par Amélie (le 18/10/2007)
...reste à savoir de qui. Ce débat est vain, vous ne comprenez pas là où vous nous choquez, et vous cherchez des réponses à des années lumière de la réalité. Ce disque, premier ou pas, de quelqu'un de connu ou pas (parce que là n'est pas le problème), n'a jamais eu la prétention d'être un grand disque, salué ou pas par la critique (webzine comme magazine). Les comparaisons qui vous font bouillir le sang et entrainent vos propos violents (la réponse est peut etre plus à chercher ici), m'ont surprise, moi la premiere. Contrairement à cette chronique, il est une qualité que vous n'avez pas su discerner dans ce disque: lui au moins n'est pas bouffé d'orgueil.

PS: les disques suspendus au dessus des champs de fraises, ca chasse les oiseaux.
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