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Savath & Savalas

: Golden Pollen



sortie : 2007
label : Anti-
style : Electro-Folk

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Tracklist :
01/ Intro - An Ode To Luiz Bonfa
02/ Apnea Obstructiva
03/ Paisaje
04/ Concreto
05/ Mi Hijo
06/ Te Amo...¿Por Que Me Odias?
07/ Estrella De Dos Caras
08/ Olhos
09/ El Solitario
10/ Faltamos Palabras
11/ Era Tu
12/ Vidas Animadas
13/ T

Chaque disque de Scott Herren est, à sa sortie, une source intarissable de discussion. Attendu au tournant avec Prefuse 73, avec comme épée de Damoclès au-dessus du crâne, la demande des fans d'un successeur digne de One Word Extinguisher, il est de l'autre côté pris à partie dès qu'il "s'humanise" et se jette dans son side-project, Savath & Savalas, jusqu'à son label d'origine Warp qui lui conseille de ne pas trop se disperser.
Conséquence de tout ça, son nouvel opus sous ce nom sera signé ailleurs (Anti-, label de Tom Waits, Tricky, Daniel Lanois). S'il n'était pas sûr de pouvoir réitérer une sortie sous la bannière du double S, on peut être rassuré sur les nouvelles possibiltés d'exutoire du bonhomme. D'autres lui font confiance.

Golden Pollen, sa dernière livraison, reprend les débats là où Apropa't, les avait clôt, avec un Sigue Tu Camino qui insidieusement annonçait déjà la couleur.
On peut même dire qu'il lui succède magnifiquement, même sans le chant lumineux d'Eva Puyuelo . S'y retrouve par contre toute la nonchalance du prodige qui traine son espagnol tout en nuances et déplacements, sur des arrangements éthérés et des mélodies pop pleines d'étrangetés, évidentes de clarté (le travail sur le son du Tortoise, John McEntire, fidèle au poste, est remarquable). Sans parler de qualité de chant - en est-ce vraiment ? - la voix de Scott Herren, omniprésente sur ce Golden Pollen parvient en quelques mesures à poser un décor des plus singuliers, comme suspendu, coincé entre deux eaux (Apnea Obstructiva).

Comme peu de disques d'aujourd'hui savent le faire, ce troisième essai de Savath & Savalas allie inspiration harmonique de grande classe (le cinématique Concreto) à un sens de la minutie qui touche à la sorcellerie (l'habité Faltamos Palabras), et qui en fait un album supportant, ou plutôt induisant, un nombre d'écoutes considérables.
En effet, petit bémol à noter : une sensation envahissante d'engourdissement qui, plutôt que d'attendre sa transformation en saturation, vous pousse à remettre à plus tard une écoute espérée alors plus active. Fort de ce constat, simple recommandation d'épicurien à épicurien , qui en soi n'engagera à rien d'autre que prendre son temps - là où d'autres plus impatients prôneraient la coupe franche voire la réduction en Ep - plus rien ne pourra vous empêcher de profiter pleinement des douceurs du Pollen d'Or .

Si globalement ces seize titres fonctionnent bien , au-delà des images chaudes et apaisantes déjà présentes sur le précédent opus, c'est que cet ensemble est façonné par un Scott Herren qui certes se révèle en pleine possession de ses moyens mais a su aussi s'adjoindre des compétences remarquables. Que ce soit au chant avec Mia Doi Todd (un introductif hommage au guitariste brésilien Luiz Bonfa) et Tyondai Braxton de Battles (le très prenant Ya Verdad) ou avec la saxophoniste Matana Roberts (croisée sur le tarmac du Yanqui U.X.O des G.Y!B.E. et qui joue là sur Te Amo), cette drôle d'équipée maîtrise à merveille les approches au plus près du corps (l'idyllique Estrella de Dos Caras en duo avec José Gonzales) , frôlant l'os même parfois (le spleenien et introspectif El Solitario), brassant les textures avec une assurance exaltée en usant d'électronique et d'acoustique sans excès ni trop de fautes de goût. (Tormenta de la Flor mis à part avec son côté ritournelle un brin agaçant).

Vous l'aurez compris, si ce Golden Pollen peut paraître au premier abord épuisant sur la longueur , il reste inépuisable dans l'émotion et la langueur que parcimonieusement, on ne se lasse plus de se laisser prodiguer.

Tout n'étant peut-être finalement qu'une question de dosage.

Chroniqué par Yvan
le 09/10/2007

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