Accueil | dMute

Consor

: Mesantropia



sortie : 2006
label : Creaked records
style : ambient electro

achat/téléchargement

Tracklist :
01/ Qwertz
02/ Aikon
03/ Monoski
04/ Valmo
05/ Godmorgon
06/ Sashimi
07/ Springbok
08/ Niqorb
09/ Ersatz
10/ Satellite
11/ Minotaur's Fall

D'abord on a commencé par sourire jaune, fébrile et nerveux, face au nom posé sur le packaging classieux (comme souvent chez Creaked qui a fait appel ici au designer français de chez Drawcaliber, Nicolas Chevaillier) : Mesantropia.

On comprendra à l'écoute à quel point c'est ce terme, mi-psychanalytique mi-geographique, qui en dit le plus sur les intentions de son auteur. Un mot ancré là, extérieur, écartelé entre l'ambition de tout dire et le fait d'être isolé, quasi exclu, insaisissable, qui à lui seul rend périlleux toute prise de possession.

Tout le travail de Samuel Vaney aka Consor semble reposer sur cette distorsion, cette vis sans fin pointant entre expérimentation et réalité, entre l'abstraction et le vivant. Mais attention, aucune réthorique absconse et indigeste dans ce premier opus. Au fil de Mesantropia, il évite ce genre d'écueil avec une certaine virtuosité (à un morceau près, Aikon, Nokia à l'envers, concerto obsolète d'interférences de téléphone mobile), occultant toute forme d'adhésion unilatérale à une quelconque influence, préférant exploser la singularité du ressenti pour en diffuser toute une myriade de différents.

En prenant ainsi le parti de dessiner autant de paysages qu'il y a de sens mobilisables, donc de désirs, Vaney trace les contours d'une musique électronique mouvante - de l'ambient au shoegaze le chemin n'est finalement pas aussi long qu'on pouvait le croire - à haute valeur addictive (l'anxiogène conclusion Minotaur's Fall en est terrifiante).

Faisant le choix de la multiplicité - de la pop désuette du très second degré Ersatz à l'anarchie mélodique de Nigorb, bande son d'un carnaval de chantier menée tambour battant par un steelband de tourneur fraiseur, en passant par l'hymne composite Monoski, le champ des possibles est vaste - Consor prône l'équivoque comme alternative à tout ce qui se fige. Mesantropia, sa musique en quelque sorte, devenant alors ce mouvement capable de fusionner le temps d'un instant éventualités spatiales et êtres disséminés, tout en restant elle-même insondable, impalpable. Semant dans la tête comme dans l'espace la plus belle des confusions.


Chroniqué par Yvan
le 29/06/2007

Partager cet article :


A lire également sur dMute :
Tumult
(2011)
Creaked records
Ambient / Electronica



1 commentaire

par Lisa (le 25/09/2007)
Je recommande vivement cet album à tous les fans d'électro, ET AUSSI LES AUTRES. Vous allez être emballés par les talents remarquables de cet artiste. Même au travail, il est aussi appliqué et surprenant que dans la musique ! Au niveau personnalité ? Sa gentillesse et son dévouement font de lui une personne merveilleuse et chère ! Bref, autant l'artiste que son album sont à ne pas manquer !!
Laissez un commentaire
Nom (obligatoire)
Mail (ne sera pas publié) (obligatoire)
Site web (facultatif) Recopier le code ci-dessous (obligatoire)



lun. 22/05 - Chronique
Bethan Kellough - Aven
sam. 20/05 - Blog
Notilus - S/T
mer. 17/05 - Blog
Kara-Lis Coverdale : Grafts
jeu. 11/05 - Blog
Senbeï - NIN
lun. 08/05 - Chronique
Oxbow - Thin Black Duke
dim. 07/05 - Blog
Duster - Stratosphere (1998)
jeu. 04/05 - Blog
Näo - Duel
lun. 01/05 - Chronique
Bing & Ruth - No Home of the Mind
 newsletter : 
ok





Equipe/Contact  |  Partenaires  |  Présentation  |  Crédits  |  Newsletters