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Doctor Flake

: Paradis Dirtyficiels



sortie : 2007
label : New Deal
style : Abstract - Downtempo

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Tracklist :
formater de la façon suivante :
01/ Prenez place
02/ La thérapie
03/ Sueurs froides
04/ La tête dans les étoiles
05/ Only you
06/ Colloque sentimental
07/ Au bonheur des drames
08/ Spleen ferroviaire
09/ Licensed to pills
10/ Le vaste espace
11

Doctor Flake n'en est plus à ses débuts. Outre la sortie cette année de ce Paradis Dirtyficiels, il a déja à son actif Intervention Chirursicale, première prescription qui fit son effet à l'époque, assurant une clientèle fidèle à ce jeune praticien qui officiait alors en solo. Paradis Dirtyficiels voit une deuxième tête pensante mettre la main à l'ouvrage : Jérôme Meynet, ingénieur ès sons, pose ses scratchs sur 2 morceaux (notamment le très réussi La Tête dans les Etoiles) et s'occupe plutôt de l'aspect physique des consultations, ce qui permet à l'instigateur du projet de se concentrer sur un volet plus psychologique, une spécialité largement assumée.

Cette approche en duo apporte une autre couleur qui, si elle était déjà en filigrane sur Intervention Chirursicale, est ici plus efficace. Ce travail sur les nuances et la texture du son crée une dynamique nouvelle là où, sur le précédent opus, certaines fréquences parce que trop longues ou sous exploitées, tombaient parfois à plat. La structure cinématique narrative de cet album (voire quasi incantatoire sur le bristolien Colloque Sentimental, attaque massive vénéneuse à souhait), ainsi plus ramassée, s'en trouve radicalement embellie.
Pas de canevas préfabriqués ni d'extraits apprêtés et empilables à la chaîne chez notre spécialiste. Qu'un morceau prenne un sample comme essence pour, en fil rouge, en devenir petit à petit son assise même (La Thérapie ou le Shadowien Spleen, sont exemplaires à ce titre), soyez certains qu'un autre ira dans la foulée chercher sa source dans la mélodie pour s'y isoler, y creuser son lit pour se laisser aller à la complexité, dans une langueur des plus sombres (Only you).

Pratiquer ainsi la diversité n'est cependant pas sans danger, le pourvoyeur voyant sur la durée, sa crédibilité irrémédiablement mise sur la sellette. Un écueil que Doctor Flake réussit à dépasser sans soucis (le Prenez place introductif et les "titres-calembours" mis à part) grâce à une maîtrise technique au panel impressionnant (platines, sampler, laptop, claviers Midi...).

Autre problématique liée à cette volonté de multiplier les approches, celle de la matière première. Il faut d'une part connaitre les substances et leurs interactions et d'autre part en avoir un maximum à sa disposition.
Comme chez ces prédécesseurs et contemporains - Dj Shadow époque Endtroducing ou Dj Oil ambiance Express Way - la qualité et la quantité des échantillons comme de leurs manipulations sont colossales (à 90 % vinyls pour des samples aussi percutants qu'incongrus allant de la voix de Gérard Philippe sur La Tête dans les Etoiles aux rires sardoniques du démoniaque et plombé Doctor Snake?). Flake , au même titre que ses pairs, peut donc se prévaloir de cette double compétence de prescripteur et d'apothicaire.

Autant de savoir-faire mis au service de pratiques particulièrement obscures. Ombres, rage et mélancolie sont en effet les maîtres mots qualifiant globalement les ambiances - entre down tempo et abstract - qui règnent au sein de ces Paradis Dirtyficiels.
L'ensemble est empreint d'un spleen qui bien que profondément ancré , laisse doucement la place à une tension croissante (Sueurs Froides et son rock bandé comme un arc ou Licensed to Pills en sont des stigmates patentés). Même éclairée de-ci de-là de quelques exhortations à la détente et au repos, cette tension ira jusqu'à l'explosion. Et ce n'est finalement qu'après avoir essuyé cette dernière tempête dans nos crânes qu'arrivera le calme , lové au coeur d'une eau qui coule , sereine, dans le Silence. Une thérapie par la tourmente en quelque sorte.

Doctor Flake n'est peut-être pas un précurseur dans son domaine, mais il vient assurément avec ce deuxième opus d'y ouvrir une nouvelle brèche, marquant de cette méthode singulière la rubrique antidépresseur de la pharmacopée électro. La Prozac Cie a bel et bien du soucis à se faire .

Chroniqué par Yvan
le 18/05/2007

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