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Opak

: Two Sleepwalkers on a Tight-Rope



sortie : 2005
label : Creaked records
style : Post-rock

achat/téléchargement

Tracklist :
formater de la façon suivante :
01/ Dewa Che
02/ Epilog
03/ Hypoxic
04/ Amplitude
05/ Radiomagnet
06/ Omen
07/ Le paysage était d'une beauté scandaleuse
08/ Looping
09/ Landing

Opak, deux suisses funambules et somnambules ? Fort probable, mais sur terrain conquis, méticuleusement balisé à l'avance tant il est clair que sur Two Sleepwalkers on a Tight-Rope rien n'a été laissé au hasard.

Tout démarre dans le calme. Avec Dewa Che, dub electro propre sur lui, nonchalant dans l'attitude. A l'appui, suit Epilogue, qui fixe l'altitude de la suspension à venir. Parfaitement canalisée, l'atmosphère y est mise sous torsion par des claviers nuançant à merveille l'inertie statique des bpm. On s'imagine sans trop de problème haut perché, hésitant, une corde vibrante et tendue à nos pieds et, dessous, un trou béant. De ce point de vue, effectivement, ça sent la fin.

On pressent alors que le travail d'Opak va bien au-delà de la simple maîtrise digitale. Hypoxyc confirme ce pressentiment. A la panoplie du duo peut s'ajouter un goût pour la mise en scène assez élégant. Dès les premières notes, sereines, l'air se raréfie bel et bien . Paradoxe sensoriel entre la sobriété mélodique d'une ambiance et le caractère plus que ténu des images en résultant.

Les combinaisons deviennent infinies et les gars de Vevey ne sont pas du genre à se priver. La tension monte proportionnellement à cette anoxie qui se propage, aux sons calfeutrés de sourdes percussions et du souffle à demi tubard, brûlant et cuivré d'Amplitude, qui, un tantinet solennel, ne laissait présager du brassage bordélico-sonore à suivre : Radiomagnet, balayage d'une bande passante radio, scratchée et distordue avec les dents. Durant ce petit moment de réflexion suspendue, on perçoit au travers de ce sombre aparté tout le caractère dérisoire de cette situation sur le fil (l'intermède Jo Dassin et son Eté Indien y est pour beaucoup), nous coinçant entre stress et prise de conscience, comme le funambule lévitant entre exaltation de l'exploit et malaise vertigineux.

Tandis que des percussions toujours plus entêtantes et lancinantes montent des abysses, on comprend bien à quel point Opak aime à se jouer de nous. Mais nous veulent-ils vraiment du bien ? Omen, morceau apaisant, de facture plus organique, presque pop, nous pousse à croire que oui. Ressenti d'autant plus tangible que l'expérimental Le paysage était d'une beauté scandaleuse continuera de nous porter calmement jusqu'aux monstrueux Looping et Landing. Plus de vingt minutes cumulées d'explosion post-rock charnelle et bruitiste, splendide De Profundis purgeant à coup de saturation enflammée les sensations fortes procurées par ce vol au dessus de l'abîme, une lente exultation pour l'ultime moment de bravoure d'un album qui n'en manquait pas.

En démultipliant les styles, Opak propose un voyage puissant et maîtrisé, trop parfois (Dewa Che aurait mérité qu'on lui lâche la bride). Bourré de rebondissements, de bifurcations soniques, abruptes et volontaires, ce deuxième opus du duo suisse est un véritable casse-tête mélodique dont, étrangement, on ne sort aussi facilement indemne que les deux yeux fermés, les potards proches du 10.

Chroniqué par Yvan
le 03/05/2007

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