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Thom Yorke

: The Eraser



sortie : 2006
label : Naïve
style : Pop électronique

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Tracklist :
01/ The Eraser
02/ Analyse
03/ The Clock
04/ Black Swan
05/ Skip Divided
06/ Atoms For Peace
07/ And It Rained All Night
08/ Harrowdown Hill
09/ Cymbal Rush

Album solo ou side project, The Eraser se présente comme le premier long-format de Thom Yorke sans ses comparses de Radiohead. Composés essentiellement sur laptop dans le "minuscule" home studio du chanteur, ces neuf titres, produits par l'inévitable Nigel Godrich, forment un disque intime aux sonorités âpres, plus électroniques que jamais, qu'on ne pourra s'empêcher de relier à l'oeuvre du groupe d'Oxford. Entre splendides instants et longues plages d'ennui, The Eraser déçoit autant qu'il enthousiasme.

Sans rien avancer de nouveau, The Eraser prolonge un peu ce qui travaille l'oeuvre de Thom Yorke depuis Kid A : l'hybridation de la pop et de l'electronica ou du moins la régénération de la britpop moribonde par ingestion d'analeptiques digitaux. Le petit plus ici réside dans l'effacement toujours plus complet des motifs de la pop. En effet, alors que les guitares se replient (The Clock, Black Swan), les beats et les nappes électroniques en profitent et s'imposent largement (Skip Divided, Atoms for Peace, Cymbal Rush). Mais les machines peinent à combler le vide laissé par les harmonies mélodiques pop, et malgré quelques très belles réussites en début et en fin d'album (And It Rained All Night, Analyse, The Eraser) l'ensemble convainc difficilement.

Plus clairement encore que Hail to the Thief, bel album-somme qui proposait peu d'avancées, The Eraser pose la question de la capacité ou plutôt de l'incapacité de Thom Yorke à créer du nouveau au sein de Radiohead. Dépasser l'éblouissant diptyque Kid A/Amnesiac se révélant être un obstacle infranchissable, Thom Yorke a reculé ou plutôt à contourner la difficulté. The Eraser se présente d'emblée comme un disque modeste, qui contrairement aux précédentes productions du chanteur de Radiohead, ne prétend pas se situer à l'avant-garde de la pop. La démarche est ici beaucoup plus introspective. On n'aura jamais été aussi près de l'artiste, tout contre sa voix et ses textes.

Comprimé et tellement resserré sur lui-même qu'il frôle la pauvreté par moments, l'album décrit au travers d'une écriture de jet un monde en déclin, crépusculaire, qui rappelle les ambiances d'effroi de Hail to the Thief. Et c'est en ceci qu'il est le meilleur. The Eraser est lugubre, gorgé d'une beauté noire, bileuse. Mais reste tout au long de l'écoute cette impression d'entendre la musique décharnée de Radiohead, des brouillons de morceaux qui auraient pu devenir des titres fantastiques. L'enjeu était là. Comment se réinventer en dehors d'un groupe qu'on a modelé à son image ? Comment effacer ses empreintes pour repartir sur de nouvelles pistes ? Dans le genre "escapade en solitaire", Jonny Greenwood avait été beaucoup plus loin avec son remarquable Bodysong.



Chroniqué par dfghfgh
le 12/11/2006

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