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OhNo

: Exodus Into Unheard Rhythms



sortie : 2006
label : Stones Throw
style : Hip-hop

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Tracklist :
01/ Intro
02/ Beware
03/ Black
04/ Get Mines
05/ Interlude
06/ To Be An MC
07/ To Be An MC Reprise
08/ Keep Tryin'
09/ Know Better
10/ Second Chance
11/ Low Coastin'
12/ Hank
13/ No Aire
14/ Cut Session
15/ Smile A Lil Bit
1

Soyons honnêtes, nous sommes tous dans l'attente fébrile du prochain opus Madvillain, la sortie la plus attendue de Stones Throw Records. Echaudé par une advanced track sur la compilation du label Chrome Mix, c'est tout juste si on a écouté le reste des prods. Mais bon, il faut bien patienter et le second album d'OhNo arrive à point nommé pour arrêter de se focaliser sur la deuxième collaboration MfDoom-Madlib.

Que nous propose ici le cadet des frères Jackson ? Après un Disrupt moyennement apprécié malgré sa qualité indéniable, OhNo revient avec un projet sympathique, un concept album basé en intégralité sur les samples de Galt MacDermot. Mais voilà, qui est-ce ? En fait, Galt MacDermot est le compositeur de la comédie musicale Hair... Vous avez souri ? Oui, moi aussi. Bien, sautons la case préjugé et penchons-nous sur son cas. En fait, Galt MacDermot est né au Canada mais a également vécu au Cap en Afrique du Sud. Pianiste de jazz et compositeur il a collaboré avec Canonball Aderley avant de s'investir en tant que pianiste dans des groupes de Rhytm & Blues. Le succès de Hair, composé en 1967, l'encourage à poursuivre dans la voie de la composition de comédies musicales et de musiques de films. Mais il concrétise en parallèle, et c'est ce qui nous intéresse, son projet personnel et son amour du jazz avec son label Kilmarnock (fondé 1972) et les collaborations fructueuses avec Bernard Purdie ou Idris Muhammad.

En fait, Galt MacDermot fait partie de cette grande famille des musiciens/compositeurs jazz/funk/soul à moitié oubliés qui font le bonheur des producteurs Hip-hop depuis quelques années. Avant qu'OhNo en fasse son fournisseur officiel et exclusif de samples le temps d'un album, les titres Space ou Coffee Cold avaient déjà été repris par Busta Rhymes, Gangstarr ou encore Handsome Boy Modeling School.

Ce choix d'OhNo est-il alors justifié ? Est-il possible de tenir un album sur une source unique de samples ? La réponse est incontestablement oui. Exodus Into Unheard Rhythms est une excellente surprise. Il faut dire que le frangin Jackson a su s'entourer et attirer dans son aventure la crème des MC's, qu'ils soient posés sur le label ou non. En vrac, les références Posdnuos (De La Soul), AG (D.I.T.C.) ou Murs et les compagnons habituels LMNO, Wildchild, Med ou Dudley Perkins, pour ne citer qu'eux. Ce choix délibéré de laisser sa place de MC à un parterre éclectique donne la force de l'album, créé la discontinuité sur une œuvre assez homogène. Mais n'exagérons rien, tout n'est pas réussite dans ce projet. La qualité de beatmaker d'OhNo n'est plus à démontrer, mais de là à se faire le thuriféraire d'Exodus Into Unheard Rhythms il y a une marge. Si l'on peut féliciter l'excellent travail de production, certains titres comme Get Yours feat Buckshot, To Be An Mc feat JKay ou Know Better feat Wordsworth sont loin de faire preuve d'une grande originalité. En revanche, lorsque la qualité du sample est mise en valeur par un flow d'excellente qualité comme Low Coastin feat AG ou le superbe Hank feat LMNO on ne peut que savourer. D'excellentes surprises comme le superbe vocal de Aloe Blacc sur Second Chance (alors qu'il nous avait déçu dans son précédent album) ou la collaboration Dudley Perkins-Georgia Anne Muldrow sur T.Biggums offrent une touche soul bienvenue et très bien menée. In this feat Murs fait la part belle au djing tandis que Keep It Lil, parce que soutenu par un loop pauvre et une grosse basse, offre à MED et Wildchild l'occasion de nous faire une démonstration de leur flow. Le tout soutenu par l'omniprésence de Dj Romes pourrait avoir l'air confus, désarticulé. Mais au final on écoute l'album de bout en bout, l'oreille à la recherche permanente d'un instrumental tantôt nu, tantôt étouffé mais donnant à l'album sa continuité et son uniformité tout en se distordant sous l'influence de la production et de l'énergie insufflée par les différents protagonistes.

Un album qui se conclut sur le magnifique Coffee Cold. J'en ai presque oublié que Madvillain devait bientôt sortir.

Chroniqué par Demokrite
le 11/09/2006

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