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Adam - Delbecq - Foch

: Les Amants de Juliette #4



sortie : 2006
label : Quoi de neuf docteur ?
style : Musiques improvisées / Jazz

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Tracklist :
01/ Bogota
02/ La Hunca
03/ La Paz
04/ Seda
05/ Le même jour
06/ Desplazado
07/ Inca’s Dream
08/ Sorocho
09/ Hémisphère Sud

Poursuivant pour la quatrième fois leur colloque à trois, Benoît Delbecq, Serge Adam et Philippe Foch livrent un nouvel opus des bien-nommés Amants de Juliette. Une fois encore, il s’agit de mettre en place et faire vivre ce triangle mouvant à plus de trois côtés, sans angles et pour ainsi dire sans géométrie : la musique des Amants de Juliette est rigoureuse, intériorisée, abstraite parfois, elle est surtout vive et ne s’accommode d’aucun esprit de sytème, en dépit des épures proposés sur cet opus #4.


Au piano et au piano préparé, Benoît Delbecq conduit des phrases souples où se lit tout un itinéraire de pianiste entre jazz et musique savante (Bogota, Le même jour) ; aux percussions et aux tablas, Philippe Foch, déploie un jeu entre souplesse, discrétion, silence et pulsation affolée ; entre un retrait parfois quasi total et une affirmation du rythme, il recherche surtout la nuance, l’équilibre juste, la suspension (Hémisphère Sud) ; à la trompette, Serge Adam se met en quête d’hypnotismes ondulatoires et de fragments de transe pacifiée (Inca’s Dream, La Paz).


Composée au retour d’une tournée en Amérique du Sud, la musique que le trio donne ici résonne de l’amplitude des terres parcourues. Comme souvent avec Benoît Delbecq, la musique se charge au fil de sa durée de toute une géographie mentale, souvenir de terres lointaines et visions fantasmées d’un Sud volontiers mythique (Inca’s Dream, La Hunca de la Luna), toujours enchanteur (La Paz, Sorocho). Des langages lointains et oubliés à la notation toute personnelle inventée par le pianiste pour écrire sa musique (des dessins fluides et abstraits, entre idéogrammes japonais et petits méidosems de Henri Michaux), il n’y a qu’un pas, que la musique manifeste ici, qu’elle effectue et qu’elle leste de fantaisie, d’un farfelu mystérieux. On ne dira jamais assez la beauté et la singularité de cette musique avant tout formée de méditations d’une surprenante densité ; ces Amants-là, derrière leur nom à la jeunesse impétueuse, convient l’auditeur à partager quelques moments de la solitude intérieure dont naissent ces neufs compositions ; solitude intérieure, solitude à trois tant la recherche de complémentarité est évidente ici.


 Incontestablement, l’amour est là qui lie les musiciens à leur musique et les engage à poursuivre sur un fil dont la ténuité fait la qualité particulière. Musique épurée, mais sans minimalisme, cet opus #4 des Amants de Juliette est le conciliabule insolite et hautement recommandé de musiciens inspirés.



Chroniqué par Mathias
le 08/05/2006

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