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Hangedup

: Clatter For Control



sortie : 2005
label : Constellation
style : Post-rock

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Tracklist :
01/ Klang Klang
02/ Alarm
03/ Different Kind Of Function, A
04/ Kick-Back-Hub
05/ Eksplozije
06/ Go Let's Go
07/ Derailleur
08/ Fuck This Place
09/ How We Keep Time
10/ Junk The Clatter

Un alto, une batterie, et deux esprits infiniment libres. Voilà le support d’une tentative dans le monde du post-rock, tentative d’autant plus riche qu’elle s’ancre de plein fouet dans l’univers actuel de recherche en matière de son. Hangedup est un « big bang » formé de deux atomes, Eric Craven (baguettes) et Genevieve Heistek (archet), qui dégagent sur scène une énergie irradiante par son caractère à la fois chaotique et très sûre de son orientation. Projetant leurs cerveaux sur scène et dans les sillons depuis 1999, sous l’égide de Constellation, ils sortent en 2005 Clatter To Control, troisième opus qui atteste en une quarantaine de minutes sybillines leur inédite maturité créative.

Ne pas se fatiguer à chercher à classer ce groupe ; aucun mot ni aucune référence n’épuisent l’immense originalité et la cohésion interne de cette musique. On parle souvent de renouveau « punk », de crescendo, de chaos maîtrisé pour les définir… Mais Hangedup fait effectivement quelque chose de nouveau… Et en même temps de complètement accessible. Contrairement à la musique contemporaine, leur musique n’est pas atonale ; elle sait s’harmoniser indiciblement et viscéralement au patrimoine musical de tout le monde. Et pourtant… Hangedup offre un produit digne des plus fous alchimistes : le violon se découvre des spectres de cris nouveaux, avoisinant parfois des sons de trompette et de guitare saturée, et la batterie n’est plus seulement une assise rythmique de moindre statut que le reste de l’armature d’un morceau ; elle se fait d’un coup un instrument à part entière, autosuffisant. Pourtant cette investigation dans les univers sonores du violon et de la batterie s’ancre dans une mise en valeur, un respect affirmé, de la spécificité des stimulations que permettent originellement ces deux instruments. Les deux apprentis sorciers utilisent tous deux une panoplie d’effets et de boucles comme on aime les observer dans le monde du post-rock, proposant une décharge électrique qu’on pourrait définir comme la restitution brute d’une énergie composée de deux activités cérébrales distinctes, mais qui se rejoignent miraculeusement dans un chaos d’une authenticité physique rare, tant dans les périodes calmes que dans les explosions.
L’écoute de Clatter To Control ouvre au ressenti de la musique comme le moyen d’unir des sensibilités au départ irréductibles et atomisées à un même objet ; elle se fait la formule magique permettant l’impossible, sans qu’un seul mot puisse éterniser ou faciliter cette union plus que le temps de l’écoute. Cette tentative, qui se trouve d’une certaine manière dans la digne lignée des recherches du génie violoniste Tony Conrad, et dont les pistes de batterie sont aussi vivantes et créatives que celle du batteur de Rhys Chatham, Jonathan Kane, parvient par sa maîtrise intelligente de la répétition et par la pratique du crescendo « organique » – celui dont on se rend à peine compte tellement les sensations sont en harmonie avec lui – à transmettre par cet univers réellement novateur le caractère purement tribal et hypnotique de la musique, caractère que la musique contemporaine semble remettre au goût du jour comme pour rafraîchir la définition de la musique par elle-même.

Chroniqué par Lou
le 17/04/2006

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