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Dr Israel

: Patterns of War



sortie : 2006
label : Roir
style : Dub / Reggae / Fusion

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Tracklist :
01/ Counting Out Stones
02/ Tetze (Get Out)
03/ Cover Me
04/ Sensimellia
05/ Interference
06/ Stay with Me
07/ Dread Inna Babylon
08/ One
09/ Patterns of War
10/ Counting Out Dubs
11/ Occupation Dub
12/ Dub with Me
13

Dr Israel revient après trois ans d’absence, lesquels ont eu le temps de connaître la réédition d’Inna City Pressure. Globalement engagé dans les mêmes chemins sonores, Dr Israel épure sa musique, laisse le punk de côté pour se recentrer sur la section rythmique, basse, batterie, percussions diverses. Il conserve ses racines dub et reggae, introduit toujours des touches parcimonieuses de hip-hop et sacrifie moins, globalement, aux fanions traditionnellement levés par ces genres. Il se permet même une incursion très réussie sur le terrain des musiques tribales (Tetze, titre spirituel s’il en est)

Quel est le sens de cette épuration ? Aujourd’hui, la musique de Dr Israel semble habitée par la conscience malheureuse d’un monde que le dub et les musiques roots n’ont pas réussi à pacifier ni unifier. Ou plutôt, la conscience d’un monde superficiellement pacifié par la croissance économique ici, mis à feu et à sang là-bas. Mais le Docteur ne vous refait pas le coup du hip-hop conscient : au contraire de son titre, de son imagerie, de ce qu’on lit un peu partout dans la presse depuis sa sortie, Patterns of War n’est pas un album offensif, pas autant que l’est Inna City Pressure et ses expérimentations entre jungle et punk. Le discours du disque tient tout entier dans ce manque à combattre, cette perte d’une énergie agressive qui animait l’album précédent : Patterns of War est un album crépusculaire qui abandonne pour un temps les idéaux adoptés peu de temps auparavant. Sa poésie tient à ce peu de choses : quelques invocation moyen-orientales (Tetze), quelques incursion plus expérimentales (Patterns of War), quelques chants rituels devenus funèbres : Sensimellia, Dread Inna Babylon.

Cette disparition des guitares rageuses et des rythmiques frénétiques mise à part, on retrouve les accords de piano tel que les utilise Dr Israel de manière si caractéristique, une attention au groove d’autant plus marquée ici que l’album tient tout entier dans sa partie rythmique, et le concours de deux vocalistes, Chemda et Lady K. L’évolution de la musique de Dr Israel est tangible, sans pour autant réinventer le dub : elle est encore attachée à une certaine tradition qu’elle a toujours à cœur de tirer en avant. Pas de révolution, mais une mélancolie suffisamment émouvante pour donner à ce disque son identité à lui.


Chroniqué par Mathias
le 03/04/2006

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