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Les Clochards Célestes

: Notre Musique!



sortie : 2006
label : Autoproduit
style : Libre improvisation post-rock

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Tracklist :
Notre Clochard Céleste
01/ Premier Mouvement
02/ Deuxième Mouvement
03/ Troisième Mouvement

Notre musique ! des Clochards Célestes pourra se lire comme une référence, une remise au goût du jour, par un chemin ô combien détourné, de This is our Music du Ornette Coleman Quartet. Détourné parce que Notre Musique ! est formée par le rock qui s’allie avec le jazz pour proposer une approche singulière de ces deux musiques.

Produit d’une libre improvisation ininterrompue, Notre Clochard Céleste se déploie en un temps et trois mouvements, une seule prise qui se diffracte, un premier mouvement qui donne le ton pour les deux autres au sens où il présente le thème central de la musique des Clochards Célestes et qui est moins musical que littéraire. Ce pourquoi aussi il peut être remis sans fin sur le métier, explorer cent fois, ce pourquoi il peut servir de force de cohésion à la musique du groupe. Les Clochards Célestes disent libre improvisation comme on pourrait dire libre pensée, une improvisation, une pensée incarnée dans la musique, libérée d’une certaine autorité qui pèse sur ce rock que l’on postise à outrance et qui se parodie lui-même plus qu’il ne parvient à s’offrir un nouveau destin.

À l’inverse de cette tendance, Les Clochards Célestes sont des lettrés et, ces lettres imprègnent leur musique de noblesse. Cette noblesse, leur musique en porte l’empreinte : dans la diction d’un texte programmatique, dans l’exécution de pièces harmonieuses ou bien cacophoniques, légères ou bien volontairement chaotiques. Dans la façon dont l’ensemble se tient solidement, développant une idée, une image, la conduisant jusqu’à ses conséquences les plus extrêmes, précisément, à cette extrémité où, comme on commence à le savoir, il n’y a guère plus qu’une différence nominale entre la musique et le bruit.

Cette solidarité de l’ensemble, si c’est la littérature qui la permet, elle est encore due à une entente qui parcourt le jeu des interprètes, quelque chose qui passerait dans la musique et qui ne s’entendrait pas nécessairement, mais qui donnerait consistance à cette improvisation libre. Sur scène, cette entente se voit, elle prend pour forme la circulation. Sur disque, si elle reste invisible, elle n’en demeure pas moins présente dans l’atmosphère, la densité du son, l’homogénéité du jeu des Clochards Célestes. Jouer dans la continuité d’une improvisation libre, cela veut dire sans doute : se laisser la possibilité de tout réinventer, la chance de tout recommencer si le besoin s’en fait sentir et, donc, ne pas rester prisonnier d’un format musical que l’on aurait tout d’abord choisi. C’est, en somme, se rendre toujours disponible la possibilité de l’errance.


Chroniqué par Jérôme Orsoni
le 21/03/2006

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