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Keith Fullerton Whitman

: Twenty Two Minutes for Electric Guitar



sortie : 2005
label : Entschuldigen
style : Electronica

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Tracklist :
01/ Twenty Two Minutes for Electric Guitar

Keith Fullerton Whitman se taille une réputation de plus en plus solide en matière d’électronica, pratiquant sur Twenty Minutes for Electric Guitar ce sport d’élite à l’intérieur du genre qu’est devenue l’alliance de la guitare et des machines. Au nombre des membres de ce club, Fennesz, Keith Rowe, Oren Ambarchi – tous musiciens habitués à l’excellence, au point qu’un nouveau genre semble émerger qui est probablement – entre autres tentatives – à la pointe de l’électronica, un de ses franges les plus actives et excitantes.

C’est que la guitare, aux sonorités riches en harmoniques, regorgeant de manipulation non-orthodoxes multiples, est presque un instrument orchestral – sous l’influence d’un ordinateur du moins, elle est un noyau, un germe d’orchestration. Là où la musique savante mobilise une logistique lourde pour associer orchestre et dispositifs électronique (Pierre Boulez, Hans Peter Kiburz) complexe, le compositeur qui travaille hors des circuits officiels trouve dans son instrument la diversité sonore nécessaire à une liberté d’écriture et le reserrement rigoureux des six cordes qui garantit l’efficacité.

Ces vingt-deux minutes pour guitare électrique, Keith Fullerton Whitman les traite sur un mode à la fois discontinu et linéaire, heurté et fluide, fragmenté et continu. Un même flux de nappes superposées les unes aux autres emporte l’acte d’écoute avec lui, charriant pêle-mêle accords qui s’entrechoquent et débris de mélodies tissées d’un point à l’autre du morceau. A l’intérieur de cette marée électrique, l’ordinateur repère des affinités électives, isole des fragments, bâtit des ilôts qui viennent ajouter une verticalité à la coulée horizontale. La post-production et l’intelligence du son en acte se conjuguent alors à une beauté cachée, souterraine, qui cherche à s’extraire du massif sonore des cordes saturées. Dans l’unité profondément organique et végétative, cellulaire presque (on dirait que le son naît par parthénogenèse), une dualité se fait jour, une ambiguité qui est comme un mystère appelant sans cesse de nouvelles écoutes. Beau et fort.


Chroniqué par Mathias
le 27/02/2006

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